Alice Quinn, Le Carnet volé (une enquête à la Belle-époque), Thomas & Mercer.

« A présent ma décision est prise. Comment pourrais-je supporter encore de respirer, après avoir commis l’irréparable ? Comment pourrais-je vivre sans savoir où tu es, jusqu’où ton désespoir t’a conduite ? La honte me submerge. Adieu, ma T. Toi au moins, puisses-tu me pardonner puisque je sais que Dieu ne le fera pas ? »

« Comment se fait-il que toute cette enquête ait été menée sans que je sois jamais convoquée? Personne ne m’a interrogée. Je suis pourtant un témoin capital, non ? J’étais là au moment du soi-disant attentat où le nom de Basile a été avancé. Et c’est encore moi qui l’ai trouvé, caché dans la cave… »

Décidément, ma boîte aux lettres s’est transformée en sapin de Noël ces derniers temps. Quelle joie d’aller au courrier ! Dans cette enveloppe, je trouvai donc le dernier tome d’Une enquête à la belle-époque d’Alice Quinn. C’est une autrice que j’apprécie beaucoup, littérairement parlant et humainement. De plus, Alice Quinn est la première autrice avec laquelle j’ai échangé à la création de mon blog. J’avais alors lu Brille tant que tu vis, et j’avais refermé le livre avec une furieuse envie de me mettre au haiku. Ici, il s’agit d’un tome 3, mais, je vous rassure, vous pouvez le lire sans avoir connaissance des précédents tomes !

Remontons le temps jusqu’à la Belle-époque. Nous sommes à Cannes.Une ville bourgeoise paisible. Pourtant, les accidents (en sont-ils vraiment?) et les mystères s’accumulent: suicide, incendie, disparition. Miss Fletcher et Lola, accompagnés du célèbre Maupassant vont mener cette enquête hors du commun. Et si la clé était ce carnet volé ? Ou bien Miss Fletcher ? Ou Lola ?

Quel plaisir d’être projetée dans ces années, de plus, à Cannes – ville que j’ai côtoyée pendant mon cursus secondaire. Un puzzle qui se met en place au fil du roman, avec des rebondissements auxquels on ne peut s’attendre. La présence de Maupassant rend l’histoire d’autant plus intrigante. On retrouve le style délicat et littéraire d’Alice Quinn. Un livre qu’on dévore, en se projetant dans le passé.

Christelle Saïani, Lumière, Librinova.

« Olivier se fond au canapé, ferme les paupières et tend lentement sur son visage un sourire aussi fin qu’un fil de funambule. Quelles idées balancent sur ce fil ? Olivier progresse en ce moment sur un câble vertigineux, dans un espace tendu exempt de toute légèreté. Franchis avec grâce et équilibre la ligne ultime, le regard ciblé sur le point de mire, en dépit de la peur et de la solitude. Ne plus reculer et, jusqu’au dernier pas, prendre le temps malgré tout de parenthèses immobiles où se sentir vivre. Avoir encore le souci du bonheur au moment où l’univers se rétrécit. »

« Alexandre appartient définitivement à une autre planète, la même que celle d’Olivier. Celle où le soleil brille en même temps que la pluie et déploie le spectre continu de la lumière. Celle où les flaques sont faites pour sauter dedans à pîeds joints et où une chanson aussi gaie que « three little birds » peut faire danser la mort. »

En un peu plus d’un an, grâce à ce blog, j’ai eu la chance de rencontrer des auteurs et autrices de divers horizons. Il y a quelque temps, je recevais un message touchant sur Babelio, d’une autrice qui me proposait alors de lire son livre. Vous le savez maintenant bien, il me plaît de découvrir des romans dont je ne soupçonne pas l’existence. Je profite de ce passage pour m’excuser auprès des auteurs qui m’ont envoyé leur livre au format numérique : il est vrai que je privilégie toujours le format papier, et vos écrits peuvent alors rester un peu plus longuement dans ma PAL.

Cette autrice, c’est Christelle Saïani. Après quelques échanges épistolaires (nous avons ce point commun de regretter le temps des lettres, où les mots étaient encore choisis avant d’être posés sur un papier), je reçois ce roman Lumière. J’avais hâte de découvrir cet écrit. Les échanges que nous avions eu étaient riches et ô combien soigneusement écrits. Quelle surprise de recevoir le paquet venant du sud de la France, près d’Aix-en-Provence où j’ai fait mes études !

Ambre est amoureuse de Léo. Alors qu’elle l’attend pour partir en week-end, ce dernier lui annonce que leur histoire touche à sa fin, sans aucune explication. Ambre, dans l’incompréhension la plus totale, est dévastée. En plus, elle ne supporte plus Olivier, son voisin qui frime avec son crâne rasé et qui passe son temps à recevoir des amis pour faire la fête. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’Olivier est atteint d’un cancer. Après une rencontre des plus froides, Ambre s’excuse auprès de ce voisin qui, finalement, n’est pas comme elle le pensait. Elle entre ainsi dans la famille d’Olivier pour découvrir un véritable rayon de soleil, malgré la maladie. Comment Ambre et Olivier vont-ils apprendre à faire face à cette vie, si triste et joyeuse à la fois ?

Ce roman est poignant. Des émotions en pagaille se dégagent au fil des pages. Un thème dur, qui peut nous mettre mal à l’aise à certains moments: qui n’a jamais jugé trop hâtivement un voisin ? Sous les masques colorés se trouvent parfois une irrépressible douleur. Au delà d’un récit de vie, et d’un rappel quant à nos petits bonheurs du quotidien qu’il faut savoir apprécier, ce roman est un arc-en-ciel littéraire. Chaque mot est soigneusement choisi, et posé avec délicatesse sur le papier. Un roman qui nous plonge dans la pleine conscience.

Agnès Martin-Lugand, Nos résiliences, Michel Lafon.

« Cette personne se serait dit que tout le monde était heureux, que tout allait bien dans cette jolie famille et serait repartie sans gratter la surface de la belle image. Mais s’il était resté, et qu’il avait pris le temps de mieux observer, il aurait vu tout autre chose. Il aurait fini par s’interroger sur le regard du papa bien souvent – trop souvent – dans le vague, il aurait même eu l’impression que cet homme ne se sentait pas à sa place. »

« Lui et toi vous aurez beau faire tout ce que vous pourrez, on ne peut pas changer l’histoire, vous n’étiez pas avec nous. C’est peut-être terrible pour vous, mais.. nous étions au même endroit elle et moi, nous étions ensemble, ce soir-là. C’est son regard à elle que j’ai croisé quand j’ai repris conscience après l’impact et c’est pareil de son côté. On a souffert en même temps. Elle a vu mes blessures, je l’ai vue sombrer… »

C’est une sortie que j’attendais. Depuis que j’ai découvert en poche, il y a bien des années maintenant, Les gens heureux lisent et boivent du café, je ne loupe plus aucune sortie de cette autrice ! J’avais quand même une appréhension, celle de ne pas autant accrocher que d’habitude, dans ce contexte particulier que nous connaissons tous actuellement. Mais, je vous rassure, pour les adeptes d’Agnès Martin-Lugand, vous retrouverez le même plaisir à lire celui-ci que ses précédents romans…

Ava tient une galerie de peinture. C’est un héritage familial. Son mari, Xavier, est vétérinaire. Tous deux coulent le parfait amour, avec leur deux enfants. Il est coutume que Xavier parte un mois tous les ans pour son travail. A son retour, la ré-adaptation à la vie de famille met toujours un certain temps. Alors qu’Ava organise un grand vernissage, Xavier refuse de venir, préférant se rendre à la clinique vétérinaire… La fête sera interrompue par un coup de fil de l’hôpital, Xavier a eu un accident… Comment Ava va-t-elle vivre ce chamboulement ?

Un roman un peu plus sombre que les autres, mais, peut-être, est-ce notre regard qui a changé vis-à-vis de notre rapport à l’hôpital ? On retrouve des personnages avec une forte personnalité, et on suit avec attention leurs aventures. Les mots d’Agnès Martin-Lugand, comme à son habitude, reflètent des sentiments humains universels. Ce titre, et cette histoire, sont dans l’ère du temps: on ne sait pas si tout pourra redevenir, malgré tous nos efforts, comme avant…

J.R.R Tolkien, Roverandom, Pocket.

« Il était une fois un petit chien nommé Rover, un petit chien de taille réduite, vraiment réduite, et très jeune, sinon il aurait mieux connu la vie. Il se sentait pleinement heureux, jouant dans le jardin, sous un beau soleil, avec une balle jaune. Dans le cas contraire, il n’aurait sûrement pas fait ce que… »

«  »Que peut-il bien faire, toute la journée ? demande Roverandom à Rover. – Faire ? Oh, il semble toujours assez occupé. Depuis ton arrivée, il me semble même l’être plus que je ne l’ai vu depuis longtemps. Il doit fabriquer des rêves… – Et dans quel but, fabriquer des rêves ? – Oh ! Pour l’autre face de la lune; sur celle-ci personne ne rêve; les rêveurs sont tous sur la face cachée… »

J’ai eu la surprise d’avoir pour mon anniversaire un week-end à Paris, destiné à voir l’exposition Tolkien à la BNF, en janvier. Une jolie escapade parisienne, où même l’hôtel était choisi pour rappeler cette immersion Tolkien ! Je remercie celui qui était à l’origine de ce merveilleux week-end ! L’exposition était réussie, malgré un flot incessant de visiteurs (ce qui paraît aujourd’hui impensable!) qui ne permettait pas de lire attentivement l’ensemble des panneaux. C’est pourquoi, à la sortie, je me suis rendue à la boutique allouée pour compléter ma collection d’oeuvres de Tolkien et prendre le livre de l’expo. C’est à cette occasion que j’ai découvert Roverandom.

Rover est un jeune chien plein d’énergie et de folie qu’on connaît aux chiots qui découvrent le monde. Alors qu’il joue avec sa balle, il mord l’arrière-train d’un vieillard qui porte un chapeau doté d’une plume verte. Mais hélas, ce vieillard n’est pas n’importe qui : c’est un sorcier, qui, pour punir l’impolitesse de Rover le transforme en jouet. Placé dans une vitrine et très vite acheté, Rover se retrouve dans la poche du pantalon de son nouveau jeune propriétaire. Il réussit à s’en échapper et rencontre un mage qui veut l’aider à retrouver sa taille réelle. Rover se lance dans un voyage, entre ciel et mer, pour obtenir le pardon du sorcier et retrouver sa vie d’avant…

Un petit livre, une fable, à la lisière du Petit Prince et de Candide. En effet, comme les deux personnages des romans éponymes, on s’attache à ce jeune chien qui fait son parcours initiatique de vie. A la rencontre de créatures diverses, toutes les plus incroyables les unes que les autres, Rover découvre le monde avec ses bons et ses mauvais côtés. L’entraide ou encore la compassion et l’acception de l’autre sont des grands thèmes de ce livre. La poésie de Tolkien fait de cet ouvrage un petit précis pour les plus petits et les plus grands, qui nous rappellent que la réalité et le rêve doivent se côtoyer pour créer un juste équilibre.

Philippe Etchebest, Je ne lâche rien, Michel Lafon.

« Je le répète souvent, mais rien ne vaut pour une équipe un capitaine qui met les mains dans le cambouis et montre l’exemple. C’est l’un des éléments clés du processus qui me tient le plus à coeur, la formation. »

« Les hasards de la vie me mettent face à des challenges qui me font me demander: « Pourrai-je le faire ? » A partir du moment où je décide d’y aller, je me donne les moyens d’aller jusqu’au bout. Avant de passer à autre chose d’excitant, une fois le but atteint. »

A part la lecture, j’ai une grande passion aussi pour tout ce qui touche au domaine culinaire. J’aime les bons plats, les techniques de cuisine, la gastronomie… Et j’ai grandi avec le développement des émissions culinaires à la télévision. Je suis donc depuis sa création, l’émission Top chef. C’est mon petit plaisir du mercredi soir. Au fil des saisons, des grands chefs et des candidats se sont succédés. Parmi les équipes, j’avoue que j’affectionne particulièrement la brigade bleue, celle du Chef Etchebest. C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de découvrir son livre Je ne lâche rien.

Philippe Etchebest, dans ce livre, revient sur son parcours: de ses débuts en cuisine enfant dans le restaurant de ses parents, à sa réussite au renommé concours des Meilleurs ouvriers de France, en passant par les étoiles du célèbre guide, et ses débuts à la télévision. Mais l’auteur, en dehors des cuisines, a de nombreuses passions: le rugby, la moto, la batterie (pas celle de cuisine!) ou encore la boxe. Plus encore qu’un récit de vie, Philippe Etchebest ponctue les différents chapitres de conseils à appliquer que vous soyez cuisinier ou non !

Un livre où vous retrouvez le chef dans une grande simplicité, et où vous découvrez de multiples facettes de sa personnalité. Les conseils prodigués reflètent une philosophie de vie, où il faut toujours aller de l’avant… et ne jamais rien lâcher !

A vos tranches de livres !

Vous avez peut-être entendu parler de ce nouveau challenge lancé sur le net par Improbables Librairies, Improbables Bibliothèques: le gâteau littéraire, constitué de nos tranches de livres !

Je trouve cette idée géniale, et c’est pourquoi je vous propose de créer vos propres textes, sans être nécessairement des poèmes. La lecture doit toujours se faire du livre du haut de la pile vers le bas, comme un texte. Je ferai un article avec vos photos.

Vous pouvez me les envoyer par mail à cette adresse : roxane.lectrice@gmail.com

Quant à moi, j’ai joué aussi pour vous proposer ma sélection du mois de mai !

Jay Asher, What light, Michel Lafon Poche.

« C’est juste que je déteste l’idée que ça puisse être notre dernière année là-bas. J’ai beau vous adorer, les filles, ça me manquerait de ne plus aller en Californie ».

« Elle me fixe du regard, mais je refuse de prononcer un mot de plus avant qu’elle ne s’explique. ‘Il paraît qu’il a agressé sa soeur avec un couteau.' »

Pour ce dernier jour du mois, voici le livre jeunesse que je vous propose, What Light, écrit par l’auteur de 13 reasons why, roman et série à succès. J’ai découvert cet auteur il y a quelques années, grâce à ma classe de quatrièmes de l’époque. Je leur avais demandé de choisir un roman au choix et de faire un résumé assorti d’un commentaire – positif ou négatif – étayé. Je découvre de cette façon des livres, que je lis afin de comprendre leurs arguments (et de vérifier leur compréhension du texte). Plusieurs d’entre eux avaient alors choisi 13 reasons why, en me disant, « Madame, c’est trop bien, et quand vous l’aurez lu, il faudra que vous regardiez la série, elle est trop bien aussi ». Cela a été chose faite, et lorsque je suis tombée par hasard, au détour d’un rayon, sur ce roman What light, je l’ai pris sans réfléchir. Le confinement m’a permis de lire ces livres qui dorment dans la bibliothèque…

Sierra est une adolescente qui est inséparable de ses deux meilleures amies. Une séparation forcée tous les Noëls, où Sierra part dans l’Oregon avec ses parents qui tiennent une ferme de sapins. Mais, peut-être, est-ce la dernière année, si on en croit les bribes de la conersation qu’elle a surprise. Là-bas, elle retrouve aussi une autre meilleure amie, Heather, qui la pousse à avoir un petit copain pour cette période… C’est vrai que ce garçon qui vient lui acheter des sapins plaît bien à Sierra, mais Heather lui révèle une terrible rumeur… Que fera Sierra de cette information ?

Une histoire de coeur, une histoire de vie, qui vous rappelleront bien des souvenirs de votre adolescence ! On suit les aventures de Sierra, réfléchissant à ce qu’elle va faire. Un roman accessible aux jeunes, qui s’ancre dans leur univers, mais aussi, à nous, adultes, qui devons aussi retomber en enfance le temps de quelques pages…

Salvia Rubio, Django main de feu, Dupuis.

« Django, c’est un anti-perroquet, jamais il ne se répète, à chaque cycle de mesures, il renaît » Thomas Dutronc

« Arrête de me parler de cette maudite guitare ! Regarde ma main ! Je ne jouerai plus, tu m’entends ? »

Alors que nous finissons tout doucement le mois d’avril, voici la bande dessinée que je vous propose de découvrir. J’ai découvert Django petite, mon Papa étant guitariste. Ensuite, avec les différents groupes de jazz que j’ai eus, nous avons repris un grand nombre de ses thèmes. Bref, je suis une grande admiratrice de ce musicien hors du commun, et fan de la musique manouche. J’avais envie de découvrir cette bande dessinée, savoir comment pouvait être contée et illustrée l’histoire de ce guitariste…

Dès son enfance, une seule chose intéresse Django: la musique. Et, plus précisément, le banjo. Il ne sait faire que ça, mais qu’est-ce qu’il sait bien le faire ! Très vite, il se fait un nom et joue avec les plus grands. Il se marie, mais, alors qu’il fait un rêve (prémonitoire), sa roulotte brûle. Django est gravement brulé, notamment à la main. Comment va t il composer avec cet handicap ?

Un moment doux, avec des illustrations sublimes, où l’on (re)découvre le parcours de Django. Une histoire touchante, qui rend le musicien accessible, proche de nous. Enfin, puisqu’il le dit très bien, je reprends les mots de Thomas Dutronc, artiste que j’admire beaucoup aussi et qui a préfacé cette BD…« Et j’ai d’abord été très agréablement surpris par la sensibilité de cette bande dessinée, j’ai ensuite été complètement conquis! Je n’ai pas pu m’empêcher de la finir d’un trait, et j’avais les larmes aux yeux tant cette histoire éclaire de manière intelligente et sensible plein d’aspects qui d’habitude restent juste dans l’anecdote, quoique extraordinaire, car tout chez Django est extraordinaire ».

Herbert George Wells, La machine à explorer le temps, Folio.

« Alors l’Explorateur du Temps raconta son histoire telle que je la transcris plus loin. Il s’enfonça d’abord dans son fauteuil, et parla du ton d’un homme fatigué; peu à peu il s’anima. En l’écrivant, je ne sens que trop vivement l’insuffisance de la plume et du papier et surtout ma propre insuffisance pour l’exprimer avec toute sa valeur. »

« Néanmoins, je courais de toutes mes forces. Tout le temps, avec cette certitude qui suit parfois une terreur excessive, je savais qu’une pareille assurance était simple folie, je savais instinctivement que la Machine avait été transportée hors de mon atteinte. »

J’ai annoncé lors de ma dernière chronique que je changeais un peu de style de lecture. Voici donc le classique du mois d’avril que j’ai décidé de vous présenter. Vous connaissez tous, je pense, La guerre des mondes, du même auteur. J’avais sélectionné ce livre lors d’une frénésie d’achats livresques: il était offert pour l’achat de deux Folio. Ces opérations sont toujours fructueuses. On y découvre ou redécouvre des auteurs. Je me suis donc plongée dans ce roman, et quelle autre période que celle-ci pour réfléchir à l’aspect temporel ?

L’Explorateur du Temps est clair: tous nos repères, spaciaux et temporels sont à revoir. Pour le prouver, il construit une machine à explorer le temps. Lorsque cette dernière est prête pour le grand voyage, il enclenche le levier et s’envole pour une autre dimension, un autre temps. L’Explorateur nous livre son incroyable voyage, où il rencontre de nouvelles civilisations. Sa machine disparaît: comment retourner dans son époque ? Notre aventurier va devoir explorer cette terre plus qu’il ne l’avait prévu s’il souhaite retourner chez lui…

Un court roman, qui sublimera votre imagination. Entre fantastique réalité et réalité cruelle, cette histoire nous incite à réfléchir à notre rapport au temps, à notre aptitude à rêver. Une oeuvre à double lecture, une première, littéraire, qui apparaît comme une fenêtre pour s’évader, et une seconde, plus philosophique, qui brouillera votre perception du temps – et de l’espace. Une aventure singulière pour échapper à notre quotidien !

Adèle Solann, Hôtel de Paris, Seuil.

« Il n’est plus très loin de l’Hôtel de Paris. Hôtel de Paris. Il fait tourner ce nom dans sa tête à la façon d’un bonbon chimique que l’on hésite à croquer. Un nom ringard et intrigant, dissonant d’avec le scintillement d’Anne-Victoire. »

« Je lui tourne le dos, sachant qu’il faudra replonger dans la vraie vie, mes parents, les enfants, l’hôpital, les patients. Se noyer dans un quotidien irréprochable, lisse et prosaïque, avec la certitude que le doute pourra toujours ressurgir à cause d’un regard ou d’un air songeur, et rien ne pourra jamais totalement l’éteindre. »

C’est une situation paradoxale: alors que nous sommes en confinement, je n’ai pas le temps de lire plus que d’habitude ! J’ai peut-être moins de temps même, et je n’accroche pas si facilement à des histoires de vie, des romans feel-good, que je dévore pourtant d’habitude. Qu’en est-il pour vous ? Je vous présente tout de même aujourd’hui ce roman, premier de cette autrice. Je remercie Seuil et Babelio pour cet envoi découverte.

Justine, Christophe et leurs enfants forment une famille. Terme qui a quelque peu perdu de sa superbe depuis que Christophe est au chômage et qu’il peine à trouver du travail. Alors que Justine part avec ses enfants passer les vacances chez ses parents, Christophe se laisse entraîner par son ami dans une boîte gay. Coup de foudre pour ce lieu qui remettra bien en question ses croyances…

Un roman qui se lit bien, et qui nous interroge sur la séduction. Un roman à deux voix (ou voies…), avec le point de vue de Justine et celui de Christophe, qui révèlent les ambiguïtés d’un discours et des actions.