Une évidence, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon

« Il faisait durer le plaisir de l’avant, cette adrénaline où tout est permis, où tout est envisageable. Le passage étant étroit par moments, notre balade nocturne se fit épaule contre épaule. Il fit une halte au-dessus d’une plage presque entièrement recouverte par la marée, je devinais un plongeoir au loin. D’un même geste, on s’accouda au muret. »
« Cette route était ma route vers le purgatoire, j’allais être punie de mes erreurs. Le hasard venait de me tordre le cou. Pourtant, j’avais toujours du mal à y croire. Ce n’était pas possible, cela ne pouvait pas avoir lieu. »

J’attendais le jour de sortie de ce dernier roman avec impatience, comme tous les nouveaux livres d’Agnès Martin-Lugand. Tous, sauf le premier. Je l’avais acheté en poche, et alors que je rédigeais mon mémoire, je pris une pause. Je m’étais fixée une petite heure pour redonner une fraîcheur à mon écriture. Ce jour-là, la pause s’est prolongée davantage, et je n’ai pu reprendre mon mémoire qu’après avoir fini mon roman. Quand j’ai lu Les gens heureux lisent et boivent du café, les personnages, les paysages, étaient si nets dans mon esprit que j’ai vraiment ressenti cette sensation de manque en refermant le livre. Tous les romans d’Agnès Martin-Lugand me font cette impression. C’était donc une évidence de vous présenter aujourd’hui ce roman…

Reine a une vie routinière entre son travail avec son associé Paul, et son fils de dix-huit ans, Noé. Leur lien semble indestructible, entre partage du quotidien, et l’apprentissage de la vie d’adulte de Noé. Cette année sera un véritable tournant : il passe son bac. Paul et Reine ont un potentiel client avec les Quatre Coins du Monde, café qui veut se refaire une vitrine internet. C’est naturellement que Reine se rend à Saint-Malo, destination rêvée par son fils depuis tant d’années. Elle ne s’attendait pas à tomber sur lui, sur eux. La Reine perdra-elle le contrôle de sa vie, si bien menée jusqu’à présent ?

Un roman, comme toujours, empli de tendresse, de passion, d’amour, d’espoir mais aussi de douleur, ces bosses que peuvent nous faire la vie. Agnès Martin-Lugand réussit à expliciter les sentiments humains ainsi que les liens que nous tissons, nous autres, avec nos proches – et nos proches un peu plus lointain : l’auteur remet au centre de sa réflexion la question de la famille. Si le roman est riche en aventure, le lecteur devenant aussi impuissant que Reine, en refermant le livre, vous vous direz que tout n’est qu’évidence, que, peut-être, effectivement, rien n’arrive pas hasard…


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