Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson, Folio.

« Toute longue marche a ses airs de salut. On se met en route, on avance en cherchant des perspectives dans les ronces, on évite un village. On trouve un abri pour la nuit, on se rembourse en rêves des tristesses du jour. On élit domicile dans la forêt, on s’endort bercé par les chevêches, on repart au matin électrisé par la folie des hautes herbes, on croise des chevaux. On rencontre des paysans muets. »

Afin d’inaugurer ce blog, j’ai choisi de vous parler d’un de mes auteurs préférés: Sylvain Tesson.

En février 2019 est paru en poche son dernier roman (sorti en 2016 chez Gallimard). J’étais passée complètement à côté de ce dernier, et c’est sur le comptoir de ma librairie préférée que je l’ai vu. Ni une ni deux, il était dans mon sac…

Sylvain Tesson revient, après son accident. Il entreprend alors, à la fois comme une thérapie finale et comme un défi, une longue marche à travers les chemins oubliés de la France rurale. Un périple qui commence dans le sud-est de la France et qui s’achève dans le nord, au bord de la Manche. On suit l’auteur au grès de ses réflexions sur la déchéance de la terre, sur un physique qui le rattrape, immergé dans une nature qu’on ne sait plus apprécier. Une nature qu’on tente d’emprisonner, de contenir dans des endroits où le béton n’est pas encore de rigueur. Et puis, on découvre cet attachement que seuls encore les amoureux de la nature et les habitants de ces zones rurales ont pour leur pays, leur territoire, leur terre.

Un défi relevé, un style, celui de Sylvain Tesson mêlant sarcasme et douceur. Un livre qui se lit comme une ode à la vie !