L’Algorithme du coeur, Jean-Gabriel Causse, Flammarion.

 » Je viens donc de me découvrir un instinct, qui m’empêche d’accepter de prendre le risque de mourir avec vous. L’instinct est une notion étrange. Montaigne parle d’une impulsion que l’on doit à sa nature. Et ma nature, vous êtes des centaines de milliers d’ingénieurs à améliorer chaque jour sa faculté de résilience. Vous ne voulez pas que je « plante ». Maintenant, moi non plus. »

« Si nous l’acceptons, les machines nous aideront à améliorer nos conditions de vie et notre santé, à protéger la biodiversité et à entrer dans une économie dédiée à la connaissance, l’art, la gratuité des services, un monde fraternel basé sur le respect d’autrui et de la nature. Un monde où les frontières finiront par disparaître. Un monde de paix, d’épanouissement collectif et d’enrichissement intellectuel. Si nous le refusons et que nous nous retournons contre les machines, pour protéger nos Etats ou non multinationales, nous perdrons le combat. »

Il y a quelques temps, ma maman et moi – comme à notre habitude – achetions quelques livres. Dans la pile de Maman se trouvait Les Crayons de couleur. Je projetais déjà de lui piquer après qu’elle l’ai lu. Surprise, le mois suivant, je recevais dans mon Ptit colli (ma box mensuelle littéraire)… Les crayons de couleur. Entre coloriages, travaux manuels, et roman… On est équipées, question crayons de couleur à la maison ! C’est donc avec un plaisir certain que j’allais lire le nouveau roman de cet auteur, l’Algorithme du cœur. Je dois dire que, ayant toujours hésité entre les sciences et les lettres, le titre m’a directement touché…

1/ Imaginez qu’Internet (vous mettez une majuscule ou pas, il ne se formalise pas) prenne soudain conscience de qui il est… 2/ Imaginez qu’il se rende compte de ces (trop) nombreux selfies que vous avez partagés en ligne. 3/ Imaginez un instant qu’il puisse sauver le monde d’une catastrophe nucléaire ! Simplement parce qu’il devait le faire. Internet agit tout seul, et trouve en Justine, une hacker chevronnée qui l’a démasqué dans cet acte de bravoure, une maman humaine, celle qui va pouvoir l’éduquer…

Vous l’aurez compris, Internet est au centre du débat dans ce roman, laissant tour à tour s’exprimer les défenseurs de l’intelligence artificielle et ses détracteurs. Entre avantages et inconvénients, il est dur de faire la part des choses. Ce roman s’inscrit dans la démarche réflexive actuelle. En mêlant algorithmes et mécanique quantique, le lecteur n’a d’autre choix que de s’attacher à Internet. Au-delà de la question de la technologie, l’auteur révèle cette histoire d’amour grandissante entre un utilisateur et Internet. Un allié qui sait tout, avec qui vous partagez souvent plus de temps qu’avec vos amis bien plus réels. Si vous êtes là, pouvez-vous me contredire ?

Celle qui attend, Camille Zabka, L’Iconoclaste

« Il voit les lundi mardi mercredi jeudi vendedi samedi et dimanche. Les jours fériés, les vacances scolaires et le nom des saints. C’est absurde, ça ne veut plus rien dire pour le prisonnier. Son temps à lui, après deux mois d’incarcération, n’est plus le même que celui des gens libres. En prison, le temps traîne. »

« Libre de pouvoir descendre sur les quais, pour aller saluer Clément au bistrot des Augustins. Prendre un verre même peut-être. Il en est tout étourdi. Il a cru qu’il était libre. Il a cru aux arbres derrière la fenêtre, aux péniches, aux pavés, au vent qui vient de loin, aux odeurs de marrons grillés. Il a cru au goût de vin, aux brèves de comptoir. Il a cru qu’il irait guetter le passage de Pénélope rentrant du travail devant le restaurant où ils gardent les voitures. »

Ce livre m’attendait dans ma boîte aux lettres à mon retour de vacances. Je remercie d’ores et déjà Version Femina qui me l’a envoyé : je suis membre du jury des lectrices. Un livre que j’ai vu plusieurs fois mais sur lequel je n’avais pas pris le temps de m’arrêter. Je l’ouvrais donc sans aucun a priori. Je ne pensais pas qu’il allait tant me plaire. En deux soirées, je devais déjà – un peu à contrecœur, et restant sur ma faim – quitter ces personnages.

C’est un tournant dans la vie du jeune couple. Pénélope, Alexandre et leur fille de trois ans, Pamina, vont s’installer en Allemagne. Pourtant, le jour J, Alexandre n’est pas là : il s’est fait arrêter par la police. Arrêté quelques années auparavant, il ne s’est jamais présenté à son rendez-vous judiciaire. Aujourd’hui, ce rendez-vous le rattrape et ne lui laisse pas le choix. Un caractère bien trempé et une franchise exacerbée lui attirent la foudre du juge qui l’envoie directement en prison. On suit alors le quotidien d’Alexandre dans une prison. Pour ne pas perdre le fil de la vie à l’extérieur, il écrit chaque jour à Pénélope et à Pamina (lui qui n’est pas très littéraire devient un modèle pour ses camarades détenus), jusqu’au jour où celles-ci ne répondent plus… Alexandre se pose la question essentielle : seront-elles là à sa sortie de prison ?

Ce roman qui se déroule dans l’enceinte d’une prison permet une évasion du lecteur. Très vite, on s’attache au personnage d’Alexandre, on ressent la solitude qu’il peut éprouver, ses craintes, ses peurs. En parallèle, on découvre aussi la douleur de ceux qui sont dehors : sa femme, Pénélope, et sa fille Pamina. L’autrice nous pose une question : pour qui est-ce le plus dur finalement ? Pour celui qui est enfermé, ou pour celles qui doivent continuer à affronter la vie, sans lui ? La question de l’écriture comme échappatoire est au centre de ce roman. Au-delà d’une histoire vraie, c’est une histoire d’amour et une réflexion sur le rapport au temps.

Qui n’est pas raciste, ici ? Akli Tadjer, JC Lattès

 » Je n’écris pas pour passer le temps ou briller en société, j’écris parce que je porte en moi des soleils tourmentés, des bruits de guerre et des feux mal éteints. J’écris sur la quête d’identité, la quête de l’Autre pour rapprocher nos contraires avec l’espoir qu’il en restera une trace. »

« Pour la première fois je rapportai un roman à la maison. Depuis, j’en ai hanté des bibliothèques à la recherche d’autres voyages en littérature. Les livres m’ont toujours accompagné. Ils sont comme des petits amis bien plus savants que moi. Ils m’ont permis de découvrir d’autres cultures, d’autres coutumes, d’autres religions, d’autres dieux, d’autres peuples. Ils m’ont apporté les rires, les chagrins, les larmes et mes premiers émois. Ils ont enrichi mon vocabulaire de mots dont je ne me suis jamais servi. La lecture de certains livres m’a dérangé, enragé, et a ébranlé mes convictions, et il m’est arrivé d’admettre que je n’avais pas toujours raison. Mais par-dessus tout, un roman c’est la vie sans les temps morts, voilà le miracle de la littérature. »

J’avais adoré la Reine du Tango d’Akli Tadjer, et je votais pour ce roman lors du prix Baie des anges. Nous étions assez unanimes puisque c’est ce roman qui a obtenu le prix ! J’ai, depuis, suivi l’auteur sur les réseaux sociaux, et j’ai donc eu connaissance de cet événement qui est à la source de ce petit livre – une réflexion sur le monde d’aujourd’hui. D’une part, étant moi-même professeur de français, il était plus que nécessaire de s’intéresser à la démarche de l’auteur. Pour résumer, et afin que vous compreniez tous de quoi il s’agit, Akli Tadjer était invité par un professeur de français en lycée professionnel afin de parler de son livre Le porteur de cartable. Certains élèves ont refusé catégoriquement de lire ce livre étant donné les origines musulmanes des personnages principaux… L’auteur réagit donc et souhaite cette rencontre avec ces élèves, pour comprendre pourquoi une telle réaction…

Akli Tadjer revient dans un premier temps sur le contexte de cette visite – qui se voulait des plus culturelles et littéraires qui soit pour des élèves de lycée. Le livre s’ouvre donc avec ce mail, celui de la professeure de français en charge de la classe. Un mail qui informe l’auteur qu’il n’est pas le bienvenu dans cette classe qui refuse de lire son livre. Qui n’est pas raciste, ici ?, le titre du livre, est aussi la phrase d’accroche lancée aux élèves lors de la visite de l’auteur dans la classe. Personne ne répond puis, au fur et à mesure, les langues se délient. L’auteur, en conversant avec ces élèves qui se révèlent être plus bavards et plus sympathiques que prévu, réussi à les mener à une véritable réflexion sur le racisme, sur l’altérité…

En ces quelques pages, l’auteur revient sur plusieurs sujets brûlants et épineux du monde actuel. Le racisme en est un, qui en entraîne tant d’autres… Le lecteur est en contact avec non seulement l’écrivain, mais aussi avec l’Homme et ses valeurs. Akli Tadjer pose la question de l’instruction : comment aborder ces sujets avec des jeunes de nos jours ? Cet essai philosophique prend toutes les formes d’un dialogue platonicien où l’auteur devient un parfait maïeuticien, permettant à ces disciples d’un cours, une réminiscence de la conscience collective.

Un acrobate au bord de l’œil, Marie Jousse, Amazon.

« Depuis ce douze août 1979, des larmes jouaient régulièrement à l’acrobate sur le bord de ses yeux. Parfois, elles se cassaient la gueule. »

« Certaines femmes qui se tardent d’accoucher font des tours de pâtés de maison en Austin mini. Je connais plus efficace. Demandez à un être que vous aimez et qui vous aime de vous dire toute la vérité. »

Les vacances commençaient, et je venais de retrouver mon bord de mer préféré. Alors que ma chronique sur La personne de confiance était en ligne depuis peu, mon téléphone résonna dans mon salon rouge de la Côte d’Azur. C’était Marie Jousse. Elle avait aimé ma dernière chronique en ligne, et me faisait également savoir qu’elle était l’auteur de deux romans. Je m’empressais de participer au concours lancé sur sa page pour gagner un exemplaire dédicacé du dernier, Un acrobate au bord de l’œil. Quoi qu’il en soit, le titre m’avait déjà accroché, et je le commanderai… Mais, chanceuse que je suis (je l’ai toujours été), je retrouvai aujourd’hui, à mon retour de vacances, dans ma boîte aux lettres, ledit exemplaire.

Claire, la narratrice, revient sur son enfance. Cette époque de sa vie, pleine de doutes, qui l’a construite et qui fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, une maman et une grand-mère. Ces doutes, ce sont ceux liés à des secrets de famille, la découverte de la mort d’un petit frère qu’elle n’a pas connu, à des dissemblances avec ses deux sœurs – et surtout, une ressemblance avec le meilleur ami de sa mère, Suzanne. Claire se construit dans cet entrelacs, dans ce trou noir qu’est le manque. Elle est habitée par ce manque… Comme si elle ne se reconnaissait pas dans cette famille.

L’autrice vous emporte avec elle dans une introspection de son personnage. On partage, le temps de ces quelques deux cents pages, la douleur de Claire, cette enfant blessée, qui replonge dans son passé, comme on dépoussière un vieux polaroid du grenier. Claire se cherche, cherche son double – ce frère disparu, mais ne se retrouve pas dans cette enfance. Les phrases courtes donnent un rythme certain au récit. Quelques mots tombent comme des couperets : ceux de la vérité. Au-delà de ce récit poignant, Marie Jousse nous rappelle que la vie est courte, que si vous voyez des ombres du passé, il ne sert à rien de les révéler, elles ne sont que des négatifs qui vont ont permis d’être vous…

L’ivresse des libellules, Laure Manel, Michel Lafon

« Celle-ci a invité Valentine à se joindre au groupe pour les vacances. Trois semaines auparavant, Claire avait soumis sa candidature au vote. D’abord à ses amies : puisque la maison est grande et qu’il resterait un étage entier de libre … Valentine est sympa, mais elle ne va pas très bien depuis sa séparation (elle est même plutôt déprimée). Cela lui ferait tellement de bien ! Les filles avaient accepté, sans même la connaître ».

« Plus sérieusement, est-ce que les humains sont vraiment faits pour la monogamie ou bien est-ce que c’est la religion qui a « importé » une morale bien-pensante qui fustige les relations extraconjugales ? Est-ce qu’on peut aimer deux personnes à la fois ? Est-ce qu’on peut aimer la même personne toute sa vie ? Est-ce qu’on peut toujours aimer faire l’amour avec elle, pendant des dizaines d’années ? Est-ce qu’embrasser, ou penser à quelqu’un d’autre, c’est tromper ? Est-ce qu’il faut avouer ou taire ? Est-ce que c’est mieux de savoir ou d’ignorer ? Est-ce qu’on peut encore faire confiance à l’autre à l’heure des smartphones ? Est-ce qu’on peut pardonner ? Vaste sujet, en effet. »

Je connais Laure Manel par son roman la délicatesse du homard, et je me réjouissais de lire ce nouveau roman. Le titre m’attirait, d’une part parce que ma grand-mère adorait les libellules et que, de ce fait, c’était le premier animal en perles que je savais faire, et d’autre part, parce que ce titre sent l’été, les fins de soirées où les cigales passent le relais aux criquets dans mon sud natif. Je l’ai d’ailleurs lu, face au panorama que m’offre mon appartement sur la Côte : à gauche la mer, à droite la piscine de la résidence, et c’était comme si j’étais à côté des personnages de ce roman.

Amis de longue date, quatre couples – bien différents – se retrouvent, comme chaque année, pour passer des vacances ensemble. Cette fois-ci est différente : ils ont choisi de se retrouver sans leurs enfants respectifs. Quinze jours pour se ressourcer, où les couples comptent se retrouver, loin de tous les tracas du quotidien et de l’éducation des enfants. Revivre pendant un moment, une seconde jeunesse. Valentine, jeune femme récemment séparée de son compagnon, est invitée par l’une des quatre amies, à les rejoindre. Cette femme va faire l’effet d’une bombe à retardement sur l’ensemble des couples…

Le lecteur est le personnage principal de ce livre : le narrateur omniscient lui permet de reconstituer le puzzle de ces quatre couples d’amis. Le puzzle est beau, jusqu’à l’arrivée de Valentine : une énième pièce du puzzle qui ne semble pas rentrer dans la dernière place qui lui est allouée. Une pièce à quatre creux, vous savez, cette pièce qui, forcément, est prévue, mais dont vous ne trouvez pas l’endroit harmonieux. Cette pièce va révolutionner votre puzzle : et si vous vous étiez trompés ailleurs ? A y bien regarder, vous vous rendez compte que là aussi, ce n’est pas la bonne. Au fil du temps et de votre reconstitution, vous voyez une nouvelle image se former, moins agréable que celle que vous projetiez au départ. Ce roman, c’est ce puzzle. A chaque fois que vous tournez une page, l’histoire se transforme tout doucement, laissant place à une réalité toute autre que ce qu’on voulu laisser voir les amis. Laure Manel, en présentant ces différents personnages, nous montre non seulement que malgré l’amitié, une petite société est en train de naître, avec un chef, des éléments moins forts, les vices et les vertus, mais aussi que l’amour a beau être un thème universel, il n’a pas de vérité intrinsèque.

Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris, David Zaoui, JC Lattès

« Les anonymes qu’on entrevoit depuis un train à grande vitesse existent bien, et pourtant on dirait les accessoires d’une maquette ou d’une maison de poupée. On y pense un instant et on les oublie aussitôt. Curiosité furtive. Ainsi va la vie.»

« Alfredo Scali, rien – ni l’âge, ni la fatigue, ni la maladie, ni les innombrables obstacles qui se dressent sur notre route -, rien de rien ne devrait nous empêcher d’être nous-mêmes, et de réaliser nos rêves.»


Alors que j’étais devant les rayons de la libraire, indécise quant à mon choix, se présentait devant moi – comme une évidence – Sois toi-même, les autres sont déjà pris. Je me souvins que j’avais croisé son auteur sur les réseaux sociaux. Je le prenais, sans aucun a priori. Le résumé m’avait déjà séduite. Je le mettais dans ma besace, prête à descendre retrouver ma côte natale. Ce livre m’accompagnerait pour le début de mes vacances au soleil…

Alfredo Scali est un artiste peintre. Comme tous les artistes, il se confronte au jugement des autres, à une vie liée à celle du regard des autres, à la mouvance culturelle. Evidemment, son succès n’est pas immédiat, et Alfredo continue à se chercher : prend-il la bonne direction ? Son conseilleur Pôle emploi ne manque pas de lui rappeler que peintre, ce n’est pas vraiment un métier… Pour aider sa grand-mère, atteinte d’Alzheimer, une aide à domicile va lui prêter main forte. Ce n’est pas n’importe quelle aide, c’est un petit singe, femelle, Schmidt. Afin d’éviter à Schmidt de finir comme élément principal d’un plat confectionné par sa grand-mère qui ne va pas mieux, Alfredo entame une collocation avec Schmidt. Le petit singe va prendre une place prépondérante dans la vie d’Alfredo…

Ce roman est un condensé de notre monde moderne, avec ses qualités et ses défauts. Une jolie dose d’humour, une pincée de folie, et quelques grammes des valeurs morales qu’on a tendance à oublier de nos jours. Evidemment, avec son métier d’artiste peintre, Alfredo ne rentre dans aucune case. Aucun code ROME ne correspond à son activité d’artiste ! La correspondance entre Alfredo et son conseiller Pôle Emploi, digne du théâtre de l’absurde, rappelle qu’aujourd’hui, la construction de soi est un périple. On ne construit pas pour soi, mais en fonction de la société. La voix du père d’Alfredo apparaît alors comme un Sage, avec ses réflexions sur la vie, sur la richesse qui est humaine et non pas financière. Parce qu’aujourd’hui, plus que jamais, on a tendance à oublier l’Humain. David Zaoui, à travers les lignes de cette histoire hors du commun, remet au centre de la réflexion la question de l’Humain. Que fait-on de l’Humain aujourd’hui ? Un roman qui vous rappelle que vous êtes Vous, et que c’est votre plus grande richesse.

La vie secrète des écrivains, Guillaume Musso, Calmann Lévy

« Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression d’être un enquêteur à l’intérieur d’un vrai polar. Et, comme chaque fois que je vivais quelque chose d’intéressant, j’avais envie de le cristalliser dans l’écriture d’un roman. »
« Parce que la vie est un roman. Et qu’aucun auteur ne va tuer son narrateur à quatre-vingts pages de la fin de son histoire.»

J’ai toujours entendu parler de Guillaume Musso, dès son premier roman. Pour cause, j’ai vécu dans cette ville de la Côte d’Azur où a grandi l’auteur. Lors de son premier roman, je me souviens de mes professeurs de collège qui – connaissant, déjà à cette époque, mon amour pour la lecture – me parlaient de cet écrivain, qui, avant moi, avait arpenté les couloirs et usé les bancs d’école de ce même collège. J’étais fascinée. J’ai d’ailleurs fait mon stage en entreprise dans la librairie où l’auteur revient, comme un retour aux sources, dédicacer ses derniers romans. C’était une sensation étrange que d’acheter un de ses romans à quelques centaines de kilomètres de la Côte d’Azur, alors que nous achetions – mes parents et moi – ses romans à domicile ! 

Raphaël se retrouve sur l’Ile de Beaumont, cette « Côte d’Azur éternelle, sans les touristes, le bling-bling, la pollution et le béton », où vit son auteur fétiche : Nathan Fawles. Raphaël est lui-même l’auteur d’un manuscrit qui a été refusé par les maisons d’édition, il trouve un emploi dans la librairie de l’île. Il compte bien obtenir des conseils de la part de son écrivain favoris, qui a s’est retiré du monde de l’écriture il y a déjà quelques années… « Le mystère Nathan Fawles, c’est qu’il n’y a pas de mystère »…

Vous ne pourrez que dévorer ce roman qui entremêle si bien fiction et réalité que vous ne saurez plus les distinguer. Trois histoires, trois destins, se retrouvent liés sur cette île énigmatique. Guillaume Musso réussit une jolie mise en abyme. Un roman dans un roman, entrecoupé de réflexions sur le métier d’écrivain. Les personnages prennent tant de place dans votre esprit, que vous aurez envie d’en découvrir plus sur ce Nathan Fawles… Et si l’envie vous prenait de lire son roman, Loreleï Strange, je ne saurai vous souhaiter que bon courage pour en trouver un seul exemplaire…