Un acrobate au bord de l’œil, Marie Jousse, Amazon.

« Depuis ce douze août 1979, des larmes jouaient régulièrement à l’acrobate sur le bord de ses yeux. Parfois, elles se cassaient la gueule. »

« Certaines femmes qui se tardent d’accoucher font des tours de pâtés de maison en Austin mini. Je connais plus efficace. Demandez à un être que vous aimez et qui vous aime de vous dire toute la vérité. »

Les vacances commençaient, et je venais de retrouver mon bord de mer préféré. Alors que ma chronique sur La personne de confiance était en ligne depuis peu, mon téléphone résonna dans mon salon rouge de la Côte d’Azur. C’était Marie Jousse. Elle avait aimé ma dernière chronique en ligne, et me faisait également savoir qu’elle était l’auteur de deux romans. Je m’empressais de participer au concours lancé sur sa page pour gagner un exemplaire dédicacé du dernier, Un acrobate au bord de l’œil. Quoi qu’il en soit, le titre m’avait déjà accroché, et je le commanderai… Mais, chanceuse que je suis (je l’ai toujours été), je retrouvai aujourd’hui, à mon retour de vacances, dans ma boîte aux lettres, ledit exemplaire.

Claire, la narratrice, revient sur son enfance. Cette époque de sa vie, pleine de doutes, qui l’a construite et qui fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, une maman et une grand-mère. Ces doutes, ce sont ceux liés à des secrets de famille, la découverte de la mort d’un petit frère qu’elle n’a pas connu, à des dissemblances avec ses deux sœurs – et surtout, une ressemblance avec le meilleur ami de sa mère, Suzanne. Claire se construit dans cet entrelacs, dans ce trou noir qu’est le manque. Elle est habitée par ce manque… Comme si elle ne se reconnaissait pas dans cette famille.

L’autrice vous emporte avec elle dans une introspection de son personnage. On partage, le temps de ces quelques deux cents pages, la douleur de Claire, cette enfant blessée, qui replonge dans son passé, comme on dépoussière un vieux polaroid du grenier. Claire se cherche, cherche son double – ce frère disparu, mais ne se retrouve pas dans cette enfance. Les phrases courtes donnent un rythme certain au récit. Quelques mots tombent comme des couperets : ceux de la vérité. Au-delà de ce récit poignant, Marie Jousse nous rappelle que la vie est courte, que si vous voyez des ombres du passé, il ne sert à rien de les révéler, elles ne sont que des négatifs qui vont ont permis d’être vous…

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