Qui n’est pas raciste, ici ? Akli Tadjer, JC Lattès

 » Je n’écris pas pour passer le temps ou briller en société, j’écris parce que je porte en moi des soleils tourmentés, des bruits de guerre et des feux mal éteints. J’écris sur la quête d’identité, la quête de l’Autre pour rapprocher nos contraires avec l’espoir qu’il en restera une trace. »

« Pour la première fois je rapportai un roman à la maison. Depuis, j’en ai hanté des bibliothèques à la recherche d’autres voyages en littérature. Les livres m’ont toujours accompagné. Ils sont comme des petits amis bien plus savants que moi. Ils m’ont permis de découvrir d’autres cultures, d’autres coutumes, d’autres religions, d’autres dieux, d’autres peuples. Ils m’ont apporté les rires, les chagrins, les larmes et mes premiers émois. Ils ont enrichi mon vocabulaire de mots dont je ne me suis jamais servi. La lecture de certains livres m’a dérangé, enragé, et a ébranlé mes convictions, et il m’est arrivé d’admettre que je n’avais pas toujours raison. Mais par-dessus tout, un roman c’est la vie sans les temps morts, voilà le miracle de la littérature. »

J’avais adoré la Reine du Tango d’Akli Tadjer, et je votais pour ce roman lors du prix Baie des anges. Nous étions assez unanimes puisque c’est ce roman qui a obtenu le prix ! J’ai, depuis, suivi l’auteur sur les réseaux sociaux, et j’ai donc eu connaissance de cet événement qui est à la source de ce petit livre – une réflexion sur le monde d’aujourd’hui. D’une part, étant moi-même professeur de français, il était plus que nécessaire de s’intéresser à la démarche de l’auteur. Pour résumer, et afin que vous compreniez tous de quoi il s’agit, Akli Tadjer était invité par un professeur de français en lycée professionnel afin de parler de son livre Le porteur de cartable. Certains élèves ont refusé catégoriquement de lire ce livre étant donné les origines musulmanes des personnages principaux… L’auteur réagit donc et souhaite cette rencontre avec ces élèves, pour comprendre pourquoi une telle réaction…

Akli Tadjer revient dans un premier temps sur le contexte de cette visite – qui se voulait des plus culturelles et littéraires qui soit pour des élèves de lycée. Le livre s’ouvre donc avec ce mail, celui de la professeure de français en charge de la classe. Un mail qui informe l’auteur qu’il n’est pas le bienvenu dans cette classe qui refuse de lire son livre. Qui n’est pas raciste, ici ?, le titre du livre, est aussi la phrase d’accroche lancée aux élèves lors de la visite de l’auteur dans la classe. Personne ne répond puis, au fur et à mesure, les langues se délient. L’auteur, en conversant avec ces élèves qui se révèlent être plus bavards et plus sympathiques que prévu, réussi à les mener à une véritable réflexion sur le racisme, sur l’altérité…

En ces quelques pages, l’auteur revient sur plusieurs sujets brûlants et épineux du monde actuel. Le racisme en est un, qui en entraîne tant d’autres… Le lecteur est en contact avec non seulement l’écrivain, mais aussi avec l’Homme et ses valeurs. Akli Tadjer pose la question de l’instruction : comment aborder ces sujets avec des jeunes de nos jours ? Cet essai philosophique prend toutes les formes d’un dialogue platonicien où l’auteur devient un parfait maïeuticien, permettant à ces disciples d’un cours, une réminiscence de la conscience collective.

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