La Kippa bleue, David Allouche, Editions Eyrolles

 » Moi, c’est le monde intérieur qui fait mon malheur. Le monde extérieur, c’est mon salut. »

 » Tu racontes les histoires comme un Marseillais, toi ! Je te pose des questions simples, tu fais des réponses longues et tu pars dans des délires. Moi, je crois qu’on fait partie d’un tout, qu’on est la pièce d’un puzzle et que nos contours sont dessinés par les pièces voisines. Même l’être le plus rebelle est façonné par les autres. Alors, elles sont comment les pièces de ton puzzle ? »

J’avais commandé ce roman avant de partir en Espagne, lui laissant le temps d’arriver pendant que moi-même j’étais ailleurs. J’ai connu – une fois de plus – l’auteur par le biais magique et intemporel des réseaux sociaux. C’est toujours mystérieux de découvrir un roman après avoir échangé avec son auteur… Je me laissais donc envoûter par le style et l’écriture, et tournais les pages sans voir passer le temps…

Sasha est un adolescent juif, bercé dans la religion. Mais voilà : il ne croit plus en Dieu. A l’approche des fêtes religieuses, il se met alors en tête d’annoncer à son père que la religion et lui, c’est fini. Ce qui l’intéresse du haut de ses dix-sept ans, c’est, d’une part, d’intégrer l’école d’art marseillaise qui lui a ouvert ses portes, et, d’autre part, les filles. Au détour d’un musée, il va rencontrer Carla – une jeune fille étudiante en philosophie, qui va l’aider dans sa construction du moi

Ce récit s’apparente à un essai, où romance et philosophie – ici au sens premier, amour de la sagesse, viennent sous forme de synthèse, ponctuer une dialectique parfaite. La religion, sujet épineux, est ici abordée de manière très simple et intelligente, laissant le lecteur rejoindre la partie du débat qu’il choisit. Et même si j’ai eu cette impression, égoïste, qu’il avait été écrit pour moi (les études en philosophie, le lycée Thiers et son cours Julien me renvoyant à ma vie étudiante marseillaise où j’étudiais la philosophie des mathématiques, la destination finale d’Antibes, lieu que je ne connais que trop bien pour y avoir vécu plus vingt ans, les références à Montaigne, un de mes philosophes préférés, que je consulte régulièrement, et à Brad Mehldau, compagnon fidèle lors de mes voyages en voiture, et enfin, le clin d’œil à une réplique de Cyrano…), c’est une certitude que vous vous retrouverez, vous aussi, dans ce texte… Et ce qui fait de ce roman une réussite, c’est… son panache !

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