Prix Nouvelles voix du polar, Femme sur écoute, Hervé Jourdain.

« Lola le suivit, dix mètres derrière, et le vit pénétrer dans son bureau. Un lieu où il ne s’était pas privé de punaiser une affiche de 1966 invitant en lettres majuscules au recrutement de gardiens de la paix : La police, un métier d’homme. »

« En traversant l’avenue des Champs-Elysées à hauteur du George-V, elle se promit de convaincre Bison de lui fournir les 150 000 euros manquant à son projet. Par tous les moyens. »   

Voici le dernier roman en lice pour le prix Nouvelles voix du polar Pocket. Je finis donc avec le second roman de la catégorie roman français. La présentation du titre me laisse le doute sur le singulier ou le pluriel du mot femme. Comme les autres romans, je l’ouvre et le lis directement sans me préoccuper de la quatrième de couverture…

Manon est une strip-teaseuse renommée. Pourtant, son rêve est d’acquérir une boutique de sous-vêtements sur les Champs-Elysées. Mais Manon est aussi maman d’un petit Jihad dont le père, Bison, est en prison. Pourtant, elle compte toujours sur lui… En même temps, un crime, vraisemblablement passionnel a lieu… Une jeune femme, Yasmine Toumi, quant à elle, est à l’hôpital à la suite d’une overdose… Pendant ce temps-là, Lola Rivière, une jeune policière, experte en informatique, essaye de se faire une place dans ce monde d’hommes…

Ce roman tisse savamment plusieurs histoires en même temps, sans que le lecteur ne puisse imaginer le dessein qui se profile… Les différents univers sont dépeints avec brio. On arpente les lieux, on apprend à côtoyer des catégories sociales différentes, auprès des personnages. Même dans les moments les plus sombres, toujours cette lueur d’espoir tient le lecteur en haleine…

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Prix Nouvelles voix du polar, Toute la vérité, Karen Cleveland.

« Dans ma tête, je revois le pistolet. Cela fait des heures, maintenant, et je ne sais toujours pas quelle conclusion en tirer. Est-ce la preuve qu’il me ment encore ? Qu’il est dangereux ? Ou est-ce un moyen de nous protéger, nous, sa famille, contre ceux qui sont réellement un danger ? »

« Je coupe le moteur, sors de la voiture, me dirige vers la boîte aux lettres. Elle contient la pile habituelle d’enveloppes et de pubs. Et, sur le dessus, une fine enveloppe kraft, à moitié pliée pour qu’elle puisse entrer dans la boîte trop étroite. J’attrape le tout, les yeux rivés sur l’enveloppe. Pas de timbre, pas d’adresse d’expéditeur, juste mon prénom, au feutre noir, en lettres capitales. VIVIAN. » 

J’ai choisi de lire le second roman étranger, Toute la vérité, directement après l’autre titre en compétition de cette même catégorie. La formule sur la couverture Mari parfait ou parfait menteur ? a suscité ma curiosité, mais, comme je l’ai fait pour les autres romans, je n’ai pas lu la quatrième de couverture afin de ne pas orienter ma lecture…

Vivian est mariée à Matt, le père de ses nombreux enfants. L’amour soude cette famille. Vivian travaille dans le contre renseignement. Elle mène sa carrière d’une main de maître, jusqu’au jour où elle découvre que son mari n’est pas celui qu’il prétend être… Doit-elle le protéger afin de conserver sa famille intacte ? Ou doit-elle le dénoncer ? Qui est-il vraiment ?

Ce roman est palpitant : si le début est une affaire de simple mensonge, après la moitié du livre, l’histoire reprend de l’élan… Non seulement thriller, il y a une véritable enquête qui est menée au fil des pages. L’histoire est dominée par l’amour, et pose la question suivante : comment être juste lorsqu’il s’agit de la famille ? Une véritable en(quête) de l’amour… Mesdames, vous vous identifierez sans nul doute à Vivian, l’héroïne de ce roman… N’ayez crainte, votre mari est peut-être vraiment celui qu’il prétend être… 

Prix Nouvelles voix du polar Pocket, Emma dans la nuit, Wendy Walker.

« Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire. Les gens croient ce qu’ils ont besoin de croire. Peut-être n’y a-t-il aucune différence entre les deux. Une chose est sûre, la vérité peut nous échapper, se dissimuler dans notre angle mort, être masquée par nos préjugés, ignorée par nos cœurs affamés qui aspirent à la paix. Pourtant, elle est là : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder. Encore faut-il faire l’effort de regarder. » 

« Moi aussi, j’avais des pensées destructrices sur l’île. On n’a pas idée de ce que ça fait, de voir la terre si proche, de voir les bateaux de pêche, les voiliers et les vedettes à la fois tout près et trop loin pour entendre des appels à l’aide ou distinguer quelqu’un faisant de grands signes, et tombant à genoux de désespoir. On finit par se dire que n’importe quel autre sort serait préférable à celui-là. »

Pour ma seconde lecture concernant le prix Nouvelles voix du polar Pocket, j’ai choisi Emma dans la nuit, de Wendy Walker. Il fait partie de la sélection romans étrangers. Je découvrais l’autrice et l’histoire au fur et à mesure de ma lecture…

Cass et Emma sont deux adolescentes, deux sœurs qui ont soudainement disparu il y a maintenant quelques années… Cass revient du jour au lendemain, sans Emma. Il faut aller la secourir s’empresse t elle de dire à sa famille et aux autorités… S’ensuit alors le récit de l’histoire de cette disparition. Est-il encore possible de sauver Emma ? Pourquoi les deux filles ont disparu mystérieusement en pleine nuit ?

Ce roman présente un suspense hors pair ! Avec son écriture à deux voies – celle d’Abi, un agent qui mène l’enquête sur la disparition depuis qu’elle est survenue, et celle de Cass, la sœur concernée – le lecteur semble avoir plus d’indices pour mener sa propre enquête. Mais il n’en est rien : il vous sera impossible de connaître la vérité avant les derniers chapitres…

PS: retrouvez la photo animée de mon article en me suivant sur facebook et instagram @hippetc

Prix Nouvelles voix du polar Pocket, Qui a tué Heidi?, Marc Voltenauer.

« Les femmes, il les adorait. Il vénérait ce qu’elles étaient. Dans la réalité, tout était plus compliqué. Il avait essayé. Il avait su les séduire avec son visage d’ange. Mais ça finissait toujours mal. Incapable d’être un homme, un vrai, au moment où ça comptait. Il voguait de convenues en désillusions. Les femmes, il les détestait. Un combat intérieur sans échappatoire… L’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère n’aurait jamais pu imaginer à quel point l’amour et la haine pouvaient être si proches. »

« Au même moment, il entendit le chien donner de la voix. Un aboiement inhabituel, anxieux. Antoine se mit à courir, arrivé au sommet d’un talus, il aperçut les vaches attroupées. Vincent cherchait à les chasser pendant que Cédric tentait de caler Flicka qui hurlait à la mort. Il s’approcha à grandes enjambées et découvrit un spectacle désolant. Heidi gisait dans une mare de sang, la gorge tranchée. »

Comme je l’ai écrit dans mon article précédent, je fais partie du jury des lecteurs pour Pocket. Par quel roman commencer ? Je ne connaissais aucun des quatre auteurs sélectionnés. Je décidai de jeter mon dévolu sur Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer. Je n’ai pas voulu lire les résumés sur la quatrième de couverture afin de découvrir pleinement, sans aucun a priori, ces polars. Afin de laisser un maximum de suspense pour vous, lecteurs, je ne m’attarderai pas sur un résumé qui pourrait vous gâcher la découverte de ce roman. Si vous voulez en savoir plus, ou que vous l’avez lu, je vous invite à m’envoyer un message via la rubrique contact. J’échangerai avec grand plaisir avec vous !

L’inspecteur Andréas Auer s’éprend d’une nouvelle passion: le monde agricole et plus particulièrement l’élevage de vaches. A Gryon, petit village tranquille des Alpes vaudoises, il accompagne des amis paysans qui espèrent, avec leur vache Yodeleuse, remporter le premier prix. Pendant ce temps, « l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère » préparait une vengeance, alors que Litso Ice, tueur à gages, arrivait tout droit de Russie…

Les premiers chapitres sont déconcertants: plusieurs personnages, plusieurs histoires, dont on ne voit aucun lien apparent. On suit ces personnages et notre imaginaire fait le reste. Puis, au fur et à mesure, on comprend. Les chapitres se resserrent, laissant une sensation incroyable au lecteur d’être lui-même pris au piège de l’histoire. Un roman singulier, où le suspense est à son comble jusqu’à la fin. On croit à plusieurs reprises avoir trouvé la clé de l’énigme, mais touujours un rebondissement vient ébranler notre résolution.

Prix Nouvelles voix du polar, Pocket.

J’ai le plaisir de faire partie du jury des lecteurs du prix Pocket, Nouvelles voix du polar !

Une sélection de quatre romans, sélectionnés par les libraires. Ces titres sont classés en deux catégories…

Les finalistes français : Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer et Femme sur écoute de Hervé Jourdain.

Les finalistes étrangers : Toute la vérité de Karen Cleveland et Emma dans la nuit de Wendy Walker.

Retrouvez donc très prochainement ici, mes chroniques sur ces quatre titres !

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker, Editions de Fallois.

« Ecrire un livre, c’est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d’ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence. Ils arrivent un matin, à bord d’un grand bus dont ils descendent bruyamment tout excités qu’ils sont du rôle qu’ils ont obtenu. Et vous devez faire avec ; vous devez vous en occuper, vous devez les nourrir, vous devez les loger. Vous êtes responsable de tout. Parce que vous, vous êtes l’écrivain. » 

« Beaucoup d’entre nous cherchons à donner du sens à nos vies, mais nos vies n’ont de sens que si nous sommes capables d’accomplir ces trois destinées : aimer, être aimé et savoir pardonner. Le reste n’est que du temps perdu. Surtout, continue d’écrire. Car tu avais raison : tout peut être réparé. Mon neveu, promets-moi de nous réparer. Répare les Goldman-de-Baltimore. »

Lorsque j’ai fait ma sélection de l’été, j’étais avec ma maman. C’est elle qui m’a recommandé ce roman qu’elle a dévoré il y a quelques temps. Elle m’en avait d’ailleurs lu un passage qui nous avait fait longtemps rire… Ma lecture a été entrecoupée par une semaine dans ma nouvelle région de cœur. J’ai donc l’espace de cette semaine, troqué ma lecture contre un festival de musique, partant à la recherche de nouveaux artistes ! De retour sur la côte, j’ai retrouvé ces personnages si attachants…

Marcus est un écrivain. Alors qu’il revient sur les pas de son adolescence pour écrire le livre concernant sa famille, il retrouve Alexandra, son amour de jeunesse, chanteuse devenue célèbre. Le drame les a séparés malgré eux. Marcus nous raconte son histoire : sa rencontre avec Alexandra lorsqu’il était adolescent, la scission entre les différents membres de la famille Goldman, l’union entre ses deux cousins, Hillel et Woody, et lui… Toujours avant le drame…

Ce roman est comme une poupée russe : toutes les histoires s’imbriquent. On s’attache avec une facilité déconcertante à tous les personnages, qu’il s’agisse des trois cousins – ayant chacun un caractère bien trempé – d’oncle Saul, ou encore du chien Duke ! Marcus fait revivre tous les membres de sa famille à travers l’écriture de son roman. Une jolie mise en abyme, qui vous entraînera – c’est certain – dans les mystères de cette famille !