Happy Halloween !

« Tom Skelton frissonne. Chacun sait que ce soir le vent n’est pas normal et qu’en cette veille de la Toussaint la pénombre est spéciale. L’air semble paré de banderoles de velours noires, orange ou dorées. Comme pour une cérémonie mortuaire giclent de chaque cheminée des panaches de fumée. Hors des cuisines se dégagent des odeurs de citrouilles : celles qu’on évide pour façonner des têtes hilares et grimaçantes, celles qu’on cuit au four pour les déguster en tartes fondantes. « 

« À ce fouillis de branchages pendent, innombrables, des citrouilles de toutes formes et tailles, dont la teinte varie de l’orange vif au gris-rouille. »

En ce 31 octobre, jour d’Halloween, j’ai décidé de vous présenter un roman sur cette célèbre fête ! J’ai donc choisi L’arbre d’halloween de Ray Bradbury…

Tom Skelton est un adolescent qui s’apprête à fêter Halloween avec sa bande de huit copains. Pipkin, un adolescent de la bande n’est pas en forme. Étrange pour lui qui est toujours prêt à faire la fête. Il leur donne néanmoins rendez-vous dans une maison hantée au bout de la ville. C’est là bas que les jeunes font la découverte d’un drôle d’arbre, avec des citrouilles : l’arbre d’halloween. Pipkin disparaît. Les huit adolescents font la connaissance de Montsuaire, avec qui ils partent à la recherche de Pipkin. La traversée des différentes époques et des traditions d’halloween peut commencer…

Ce roman est un véritable conte qui permet à petits comme grands de (re) découvrir les traditions d’Halloween et son évolution au fil du temps. Une parenthèse poétique qui nous plonge dans l’univers de la fête d’Halloween sans en frissonner. Alors, des bonbons ou un sort ?

Petit-déjeuner littéraire avec Julien Sandrel, le 30.10.19, Cultura Toulon.

Aujourd’hui, mercredi 30 octobre, j’ai eu la chance de participer, avec neuf autres conviés, à un petit-déjeuner en compagnie de Julien Sandrel, l’auteur de La chambre des merveilles, dont je vous ai parlé il y a quelques temps ici: https://hipelos.home.blog/2019/07/19/la-chambre-des-merveilles-julien-sandrel-calmann-levy/

Bien-sûr, et comme promis à l’auteur lors de notre rencontre précédente à Nancy, la chronique de son dernier roman, La vie qui m’attendait, suivra dans quelques jours ! Cet évènement a été organisé par Cultura Toulon. Si régulièrement, des rencontres ont lieu entre lecteurs pour partager leurs différents avis sur un livre coup de cœur, c’est la première fois qu’un auteur est invité. Double honneur, donc, de participer à cette rencontre avec Julien Sandrel, et d’inaugurer ces petits-déjeuners littéraires, qui, j’espère, seront nombreux !

Nous sommes invités à prendre place dans un salon au rayon littérature. Nous prenons place sur les fauteuils ou chaises. Sur la table basse sont disposées des tartes faites par Sandrine – l’organisatrice de la rencontre – des chouquettes et des viennoiseries. Pour les accompagner, café, thé et jus d’orange nous sont proposés. L’auteur arrive et prend place, à côté de Sandrine, dans le grand canapé nous faisant face. Tous ensemble, nous formons un petit cercle, qui donne à cette rencontre un côté intimiste et singulier – atypique dans une si grande librairie !

Sandrine lance la discussion puis les invités prennent directement la parole en questionnant Julien Sandrel. Voici donc un résumé de cette rencontre…

Tout d’abord, l’aspect visuel des romans est évoqué. Les deux couvertures, en effet, sont très colorées. Pour l’auteur, c’est une façon de contraster avec les quatrièmes de couverture qui peuvent sembler dramatiques. Par ces palettes de couleurs, l’auteur souhaite non seulement mettre en exergue un lien entre ses deux romans, mais aussi montrer au premier coup d’œil que la lecture de ces livres offre au lecteur une large palette d’émotions.

Le thème de la famille est soulevé. Effectivement, si vous avez lu les deux romans dont il est question ici, vous avez remarqué que la thématique familiale est prépondérante (lien mère/fils, lien fille/père…). « Je découvre en écrivant les thèmes qui sont importants pour moi. » Julien Sandrel ajoute qu’il a voulu montrer, dans son second roman, La vie qui m’attendait, comment un même élan d’amour peut être épanouissant dans une situation et complètement névrosant et étouffant dans une autre. L’auteur cherche à « explorer les différentes dimensions de l’amour ». Pour l’auteur, il est indispensable que les histoires s’inscrivent dans une thématique sociétale actuelle pour toucher le lecteur.

A la question de l’exclusivité de personnages féminins qui portent l’action de ses romans, l’auteur répond qu’il cherche à incarner des personnages foncièrement différents de lui. Cette question découle, naturellement de ce fait, sur le procédé d’écriture qui est mis en œuvre. L’auteur écrit par salves, et endosse véritablement son personnage – c’est-à-dire qu’il se met à la place de son personnage en toutes circonstances. Je profite de ce moment pour l’interroger justement sur son rapport aux personnages. Son moment préféré étant la création et l’action de l’histoire, il est content de les laisser vivre de façon autonome ensuite, entre les mains du lecteur.

Avant d’être écrivain à part entière, l’auteur nous confie qu’il était ingénieur, puis dans le marketing. Après un premier thriller non paru à ce jour, c’est avec La chambre des merveilles qu’il est révélé. Ce roman est un véritable phénomène mondial, et est en cours d’adaptation au cinéma.

Il nous reste quelques instants pour les photos traditionnelles, et les dédicaces, souvenir concret de ce beau moment passé en sa compagnie. Nous sommes quelques-uns à rester jusqu’à la dernière minute, à profiter de cet échange constructif autour de derniers ressentis de lecteurs que nous avons pu avoir à tel ou tel moment du livre.

Un moment très humain, une bulle au milieu d’un grand magasin. Une jolie rencontre, avec l’auteur – évidemment – mais aussi avec ces autres lecteurs, qui sont tous repartis sourire aux lèvres.

Je profite de cette chronique pour remercier, bien entendu, Julien Sandrel, pour sa disponibilité, sa sincérité et son humanité, ainsi que l’équipe de Cultura Toulon, et les autres conviés. Comme vous l’avez sûrement déjà lu, le troisième roman est fini et devrait sortir en mars 2020. Et une éventuelle adaptation de la vie qui m’attendait en série télévisée, ça aussi, vous le saviez déjà ? 😉

Gaël Tchakaloff, Vacarme, Flammarion.

« J’ai adulé cette existence superposée, je m’en suis repue, j’ai adoré ces nuits à signer de ton nom, ces nuits à chercher qui rencontrer pour comprendre, disséquer le pouvoir, ces nuits passées à écrire à ta place, jouer ton rôle pour les séduire, eux les puissants, leur extorquer le meilleur, ces nuits à m’apercevoir qu’aucun ego n’y résiste, ni le leur, ni le tien, ni le mien. »

« Il fait un drôle de temps sur ton visage, un temps bigarré. Moi, Gaël, je suis rayons, toi, Lucile, tu es pluie. Les rôles se sont inversés. »

Comme j’en ai parlé précédemment dans un article concernant le Livre sur la place à Nancy (si vous ne l’avez pas lu, c’est ici https://hipelos.home.blog/2019/09/18/comme-si-vous-y-etiez-le-livre-sur-la-place-14-09-19-nancy-la-litterature-comme-reinvention-du-reel-avec-alexandre-jardin-et-gael-tchakaloff/ ), j’ai découvert Gaël Tchakaloff lors de l’entretien avec Alexandre Jardin. Ce qui m’avait attiré dans ce roman est la double personnalité qui peut exister chez l’être humain, sa prise de conscience ou non de cet autre qui peut jouer des tours. J’abordais donc ce livre avec une certaine curiosité.

Gaël est Lucile. Lucile est Gaël. Dans ce roman, qui est un journal intime, l’autrice revient sur cette dualité qui la hante. Alors que sa maman lui donnait en deuxième prénom, Gaël, à l’écriture masculine, parce que c’est toujours utile, Lucile explicite ces liens qu’elle entretient et qu’elle a crées avec cet autre qu’elle a construit de toutes pièces. Gaël est aussi déjantée et désinhibée que Lucile, sage et raisonnée. Comment vivre avec cet autre, parfois trop envahissant ?

Ce roman est une véritable mise à nu de la part de l’autrice. Elle se livre, sans fioriture. L’écriture est simple mais tellement impactante. L’autrice nous fait prendre conscience qu’en chacun de nous vit un ange et un démon, et qu’il peut être difficile de les faire cohabiter. Chez l’autrice, les deux existent comme deux entités distinctes. Si écrire ce livre est une véritable thérapie pour l’autrice, elle est pour le lecteur un révélateur de notre conscience.

Jean-Baptiste Andrea, Cent millions d’années et un jour, L’Iconoclaste.

« Seul dans le poing fermé de la montagne, je me suis adossé à une fontaine, les doigts dans l’eau. Tout paraît pauvre autour de moi, l’air, la terre, tout. Pure illusion. Une voix nous parle à travers les siècles, murmure dans les crevasses et dans la trame du vent. Il y aurait un trésor… Mais il y en a tant, des histoires de trésor. Alors personne ne l’écoute. Personne n’y croit. Personne sauf moi. »

« La prochaine fois que l’aube me secouera, je n’ouvrirai pas les yeux. C’est un piège. L’aube ment à ceux qu’elle réveille, à l’homme d’affaires, à l’amoureux, à l’étudiant, au condamné à mort et, oui, au paléontologue aussi. Elle nous remplit d’espoir pour mieux nous décevoir. Le crépuscule, plus vieux et plus sage d’une journée, m’a fait la leçon: j’ai été bien naïf de la croire. »

J’ai découvert Jean-Baptiste Andréa au salon du livre de Nancy. Je passai devant la table ronde où l’auteur présentait son livre et j’ai tout de suite été intriguée par ses propos. Je choisissais de commencer mes lectures par celui-ci…

Stan, paléontologue, attend depuis bien longtemps la découverte qui lui permettra d’entrer dans l’Histoire. Quand il apprend qu’une légende rapportée par une petite fille raconte qu’un dragon, un « squelette immense, un corps qui s’enfonçait dans les ténèbres, si loin qu’on n’en voyait pas la fin », existe dans une grotte dans les montagnes, entre l’Italie et la France, il ne perd pas une seconde. L’expédition a bien lieu, avec à ses côtés, son ancien assistant et ami. Stan va-t-il découvrir ce qu’il cherche ?

Ce roman est à la fois un récit d’aventure, et une quête de soi. Stan part à la recherche de cet hypothétique dragon, mais en même temps, c’est la recherche de lui-même qu’il entreprend. On lit ce roman sans s’arrêter, tant on veut connaître le résultat de cette double quête. J’ai écouté en même temps la bande originale de ce livre sur Spotify. Pour moi qui suis musicienne, elle rend compte du rythme de l’écriture et de l’aventure. Une jolie surprise qui me donne envie de lire Ma reine, premier roman de l’auteur !

Valérie Tong Cuong, Les guerres intérieures, JC Lattès.

« Vraiment, cela ne te regarde pas : de quoi aurais-tu l’air, à débarquer au milieu d’un conflit privé ? Si encore c’est un conflit ! Ne serait-ce pas plutôt ton imagination qui se joue de toi ? As-tu entendu des injures ? Un appel au secours ? Un cri, oui. Un seul, bref de surcroît. La vérité, c’est que tu as une sensibilité suraiguë, tu absorbes les évènements, tu en dessines le scénario, c’est le propre du comédien, il s’approprie les informations et les sensations, il les amplifie. »

« La lâcheté était peut-être le caractère le mieux partagé dans ce monde : chacun l’expérimentais tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, et s’empressait aussitôt de la dissimuler. Pax avait obéi à ce déterminisme universel. »   

J’ai découvert Valérie Tong Cuong lorsque je participais pour la première fois au prix Nice baie des Anges en tant que jury. J’arpentais les différentes allées du festival, et m’arrêtai à son stand pour découvrir, à l’époque, son roman Pardonnable, impardonnable. C’est dont avec un plaisir certain que je me procurai son dernier roman, les Guerres intérieures, sorti pour la rentrée littéraire.

Pax Monnier est un comédien qui espère enfin avoir le rôle de sa vie. Justement, un grand réalisateur veut le rencontrer. Alors que Pax rentre chez lui pour se préparer en vitesse, il fait abstraction des bruits inquiétants chez son voisin, un étage plus haut : il ne peut pas être en retard à ce rendez-vous ! Lorsqu’il apprend qu’Alexis, un jeune homme au nom de famille identique à celui sur la boîte aux lettres de son voisin, est entre la vie et la mort, il comprend. La situation ne va pas s’arranger lorsqu’il tombe amoureux d’Emi, qui n’est autre que la maman du garçon blessé…

Ce roman est une histoire de vie, une introspection. L’aventure du personnage principal permet au lecteur une véritable expérience de pensée : qu’aurais-je fais à sa place ? Le constat tombe comme un couperet : nous sommes tous un peu lâche… Pax nous apprend qu’il faut revenir à l’essentiel. Comment dire la vérité lorsqu’on a commencé à mentir ? Les questions fondamentales de l’Humain sont au centre de ce roman. Un texte empli d’amour et d’humanité, qui sert de véritable catharsis au lecteur.