Gaël Tchakaloff, Vacarme, Flammarion.

« J’ai adulé cette existence superposée, je m’en suis repue, j’ai adoré ces nuits à signer de ton nom, ces nuits à chercher qui rencontrer pour comprendre, disséquer le pouvoir, ces nuits passées à écrire à ta place, jouer ton rôle pour les séduire, eux les puissants, leur extorquer le meilleur, ces nuits à m’apercevoir qu’aucun ego n’y résiste, ni le leur, ni le tien, ni le mien. »

« Il fait un drôle de temps sur ton visage, un temps bigarré. Moi, Gaël, je suis rayons, toi, Lucile, tu es pluie. Les rôles se sont inversés. »

Comme j’en ai parlé précédemment dans un article concernant le Livre sur la place à Nancy (si vous ne l’avez pas lu, c’est ici https://hipelos.home.blog/2019/09/18/comme-si-vous-y-etiez-le-livre-sur-la-place-14-09-19-nancy-la-litterature-comme-reinvention-du-reel-avec-alexandre-jardin-et-gael-tchakaloff/ ), j’ai découvert Gaël Tchakaloff lors de l’entretien avec Alexandre Jardin. Ce qui m’avait attiré dans ce roman est la double personnalité qui peut exister chez l’être humain, sa prise de conscience ou non de cet autre qui peut jouer des tours. J’abordais donc ce livre avec une certaine curiosité.

Gaël est Lucile. Lucile est Gaël. Dans ce roman, qui est un journal intime, l’autrice revient sur cette dualité qui la hante. Alors que sa maman lui donnait en deuxième prénom, Gaël, à l’écriture masculine, parce que c’est toujours utile, Lucile explicite ces liens qu’elle entretient et qu’elle a crées avec cet autre qu’elle a construit de toutes pièces. Gaël est aussi déjantée et désinhibée que Lucile, sage et raisonnée. Comment vivre avec cet autre, parfois trop envahissant ?

Ce roman est une véritable mise à nu de la part de l’autrice. Elle se livre, sans fioriture. L’écriture est simple mais tellement impactante. L’autrice nous fait prendre conscience qu’en chacun de nous vit un ange et un démon, et qu’il peut être difficile de les faire cohabiter. Chez l’autrice, les deux existent comme deux entités distinctes. Si écrire ce livre est une véritable thérapie pour l’autrice, elle est pour le lecteur un révélateur de notre conscience.

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