Jay Asher, What light, Michel Lafon Poche.

« C’est juste que je déteste l’idée que ça puisse être notre dernière année là-bas. J’ai beau vous adorer, les filles, ça me manquerait de ne plus aller en Californie ».

« Elle me fixe du regard, mais je refuse de prononcer un mot de plus avant qu’elle ne s’explique. ‘Il paraît qu’il a agressé sa soeur avec un couteau.' »

Pour ce dernier jour du mois, voici le livre jeunesse que je vous propose, What Light, écrit par l’auteur de 13 reasons why, roman et série à succès. J’ai découvert cet auteur il y a quelques années, grâce à ma classe de quatrièmes de l’époque. Je leur avais demandé de choisir un roman au choix et de faire un résumé assorti d’un commentaire – positif ou négatif – étayé. Je découvre de cette façon des livres, que je lis afin de comprendre leurs arguments (et de vérifier leur compréhension du texte). Plusieurs d’entre eux avaient alors choisi 13 reasons why, en me disant, « Madame, c’est trop bien, et quand vous l’aurez lu, il faudra que vous regardiez la série, elle est trop bien aussi ». Cela a été chose faite, et lorsque je suis tombée par hasard, au détour d’un rayon, sur ce roman What light, je l’ai pris sans réfléchir. Le confinement m’a permis de lire ces livres qui dorment dans la bibliothèque…

Sierra est une adolescente qui est inséparable de ses deux meilleures amies. Une séparation forcée tous les Noëls, où Sierra part dans l’Oregon avec ses parents qui tiennent une ferme de sapins. Mais, peut-être, est-ce la dernière année, si on en croit les bribes de la conersation qu’elle a surprise. Là-bas, elle retrouve aussi une autre meilleure amie, Heather, qui la pousse à avoir un petit copain pour cette période… C’est vrai que ce garçon qui vient lui acheter des sapins plaît bien à Sierra, mais Heather lui révèle une terrible rumeur… Que fera Sierra de cette information ?

Une histoire de coeur, une histoire de vie, qui vous rappelleront bien des souvenirs de votre adolescence ! On suit les aventures de Sierra, réfléchissant à ce qu’elle va faire. Un roman accessible aux jeunes, qui s’ancre dans leur univers, mais aussi, à nous, adultes, qui devons aussi retomber en enfance le temps de quelques pages…

Salvia Rubio, Django main de feu, Dupuis.

« Django, c’est un anti-perroquet, jamais il ne se répète, à chaque cycle de mesures, il renaît » Thomas Dutronc

« Arrête de me parler de cette maudite guitare ! Regarde ma main ! Je ne jouerai plus, tu m’entends ? »

Alors que nous finissons tout doucement le mois d’avril, voici la bande dessinée que je vous propose de découvrir. J’ai découvert Django petite, mon Papa étant guitariste. Ensuite, avec les différents groupes de jazz que j’ai eus, nous avons repris un grand nombre de ses thèmes. Bref, je suis une grande admiratrice de ce musicien hors du commun, et fan de la musique manouche. J’avais envie de découvrir cette bande dessinée, savoir comment pouvait être contée et illustrée l’histoire de ce guitariste…

Dès son enfance, une seule chose intéresse Django: la musique. Et, plus précisément, le banjo. Il ne sait faire que ça, mais qu’est-ce qu’il sait bien le faire ! Très vite, il se fait un nom et joue avec les plus grands. Il se marie, mais, alors qu’il fait un rêve (prémonitoire), sa roulotte brûle. Django est gravement brulé, notamment à la main. Comment va t il composer avec cet handicap ?

Un moment doux, avec des illustrations sublimes, où l’on (re)découvre le parcours de Django. Une histoire touchante, qui rend le musicien accessible, proche de nous. Enfin, puisqu’il le dit très bien, je reprends les mots de Thomas Dutronc, artiste que j’admire beaucoup aussi et qui a préfacé cette BD…« Et j’ai d’abord été très agréablement surpris par la sensibilité de cette bande dessinée, j’ai ensuite été complètement conquis! Je n’ai pas pu m’empêcher de la finir d’un trait, et j’avais les larmes aux yeux tant cette histoire éclaire de manière intelligente et sensible plein d’aspects qui d’habitude restent juste dans l’anecdote, quoique extraordinaire, car tout chez Django est extraordinaire ».

Herbert George Wells, La machine à explorer le temps, Folio.

« Alors l’Explorateur du Temps raconta son histoire telle que je la transcris plus loin. Il s’enfonça d’abord dans son fauteuil, et parla du ton d’un homme fatigué; peu à peu il s’anima. En l’écrivant, je ne sens que trop vivement l’insuffisance de la plume et du papier et surtout ma propre insuffisance pour l’exprimer avec toute sa valeur. »

« Néanmoins, je courais de toutes mes forces. Tout le temps, avec cette certitude qui suit parfois une terreur excessive, je savais qu’une pareille assurance était simple folie, je savais instinctivement que la Machine avait été transportée hors de mon atteinte. »

J’ai annoncé lors de ma dernière chronique que je changeais un peu de style de lecture. Voici donc le classique du mois d’avril que j’ai décidé de vous présenter. Vous connaissez tous, je pense, La guerre des mondes, du même auteur. J’avais sélectionné ce livre lors d’une frénésie d’achats livresques: il était offert pour l’achat de deux Folio. Ces opérations sont toujours fructueuses. On y découvre ou redécouvre des auteurs. Je me suis donc plongée dans ce roman, et quelle autre période que celle-ci pour réfléchir à l’aspect temporel ?

L’Explorateur du Temps est clair: tous nos repères, spaciaux et temporels sont à revoir. Pour le prouver, il construit une machine à explorer le temps. Lorsque cette dernière est prête pour le grand voyage, il enclenche le levier et s’envole pour une autre dimension, un autre temps. L’Explorateur nous livre son incroyable voyage, où il rencontre de nouvelles civilisations. Sa machine disparaît: comment retourner dans son époque ? Notre aventurier va devoir explorer cette terre plus qu’il ne l’avait prévu s’il souhaite retourner chez lui…

Un court roman, qui sublimera votre imagination. Entre fantastique réalité et réalité cruelle, cette histoire nous incite à réfléchir à notre rapport au temps, à notre aptitude à rêver. Une oeuvre à double lecture, une première, littéraire, qui apparaît comme une fenêtre pour s’évader, et une seconde, plus philosophique, qui brouillera votre perception du temps – et de l’espace. Une aventure singulière pour échapper à notre quotidien !

Adèle Solann, Hôtel de Paris, Seuil.

« Il n’est plus très loin de l’Hôtel de Paris. Hôtel de Paris. Il fait tourner ce nom dans sa tête à la façon d’un bonbon chimique que l’on hésite à croquer. Un nom ringard et intrigant, dissonant d’avec le scintillement d’Anne-Victoire. »

« Je lui tourne le dos, sachant qu’il faudra replonger dans la vraie vie, mes parents, les enfants, l’hôpital, les patients. Se noyer dans un quotidien irréprochable, lisse et prosaïque, avec la certitude que le doute pourra toujours ressurgir à cause d’un regard ou d’un air songeur, et rien ne pourra jamais totalement l’éteindre. »

C’est une situation paradoxale: alors que nous sommes en confinement, je n’ai pas le temps de lire plus que d’habitude ! J’ai peut-être moins de temps même, et je n’accroche pas si facilement à des histoires de vie, des romans feel-good, que je dévore pourtant d’habitude. Qu’en est-il pour vous ? Je vous présente tout de même aujourd’hui ce roman, premier de cette autrice. Je remercie Seuil et Babelio pour cet envoi découverte.

Justine, Christophe et leurs enfants forment une famille. Terme qui a quelque peu perdu de sa superbe depuis que Christophe est au chômage et qu’il peine à trouver du travail. Alors que Justine part avec ses enfants passer les vacances chez ses parents, Christophe se laisse entraîner par son ami dans une boîte gay. Coup de foudre pour ce lieu qui remettra bien en question ses croyances…

Un roman qui se lit bien, et qui nous interroge sur la séduction. Un roman à deux voix (ou voies…), avec le point de vue de Justine et celui de Christophe, qui révèlent les ambiguïtés d’un discours et des actions.

Eduardo Jauregui, Conversations avec mon chat, Pocket.

« Eh oui, a repris Sybille. Je t’adopte, que tu le veuilles ou non. Le temps que tu comprennes que personne ne peut savoir mieux que toi ce dont tu as besoin. Tu crois peut-être que je suis là juste pour m’amuser ? Je préférerais aller chasser la souris, je t’assure! »

« Tu as juste besoin d’une maison avec vue sur le bonheur, je t’assure. Et les fenêtres, c’est toi qui doit les ouvrir, en toi même. Une fois que toi, tu auras fleuri, tu verras que tu seras partout chez toi, que tu vis déjà dans un palais, et que tu es la reine de l’univers. »

J’ai ce livre dans ma bibliothèque depuis pas mal de temps. Vous savez, ce genre de livre qu’on veut lire mais qui passe toujours après les autres. Le confinement m’a guidée vers lui: une envie d’évasion certaine, avec des chats qui parlent – peut-être aussi parce que mon chat, alias Zouzou, me manque à 800 kilomètres…

Sara a la quarantaine, un mari avec qui elle vit, et un travail qu’elle n’affectionne plus autant qu’avant. Alors qu’elle est chez elle, une patte tape à le fenêtre: c’est celle de Sybille. Cette dernière demande à Sara si elle peut rentrer. Oui, Sybille est un chat, et elle parle ! Faisant abstraction de cet épisode, Sara se rend au travail le lendemain pour une présentation importante d’un projet. Mais, ayant perdu son ordinateur, elle perd pied et s’évanouit. De retour à la maison, elle retrouve Sybille, avec qui elle accepte de parler. Le chat va alors la guider sur le chemin de la résilience, et de l’amour de soi.

Un roman plein de peps, qui nous rappelle – surtout dans cette période que nous traversons – qu’il nous faut vivre en pleine conscience. L’autrice place la sage parole, et les vérités dans la bouche de Sybille. Un chat qui parle peut être plus franc avec vous que n’importe quel autre humain. Une écriture intelligente et drôle, pour un roman feel good.