Jean-Claude Lalumière, Le front russe, Le livre de poche.

« Je travaille au ministère des Affaires étrangères. Mon activié professionnelle, pour laquelle je m’étais pourtant enthousiasmé à mes débuts, ne parvient plus à m’émouvoir. Je suis entré au ministère il y a cinq ans avec l’envie de parcourir le monde. Bien entendu, ce n’est pas ce que j’ai dit lors de la « discussion avec le jury », épreuve du concours dont l’objectif est de « mettre en évidence les motivations du candidat, de révéler sa personnalité et de vérifier son aptitude à remplir les fonctions auxquelles il est destiné ». Lors de cet entretien plutôt impressionnant – face à vous se trouvent cinq personnes dont l’aménité est comparable à celle d’une compagnie de CRS qui s’apprête à évacuer un squat-, j’ai parlé de mon goût pour le service public, de ma volonté d’oeuvrer pour l’intérêt général, pour le rayonnement de la France à l’échelle internationale. »

« Je tentai d’amoindrir la portée de ces propos, et lui répondis que pour connaître la distance réélle qui nous séparait du sommet il nous faudrait appliquer à la situation le théorème de Pythagore, la pente sur laquelle nous marchions représentant l’hypoténuse du triangle. »

En ce début du mois de janvier, j’ai lu ce roman atypique. C’est un livre voyageur, qui a été donné à mon Papa – qui l’a lu en premier – l’a recommandé à ma Maman, qui l’a lu elle aussi. Et enfin, le voici quelques huit cents kilomètres plus loin, avec moi. Si nous étions tous trois sceptiques face à ce titre et cette couverture qui viennent d’un autre temps, nous avons tous trois beaucoup ri en tournant les pages !

Le personnage que nous suivons, après une enfance étrange avec des parents dont la principale priorité était la réussite professionnelle, est admis ! Ca y est, il a un travail, et non des moindres: il est nommé au Ministère des affaires étrangères. Oui, mais remballez vos clichés. Il s’agit d’un simple bureau où ses premières missions consistent à faire des photocopies. Pourtant, il vise une promotion… Comment va-t-il s’y prendre pour monter l’échelle du fonctionnariat ?

Un roman aussi caricatural que vrai, où l’humour – bien souvent de couleur noir ou jaune – est détonnant ! On reconnaît les écueils de l’administration, les procédures parfois inutiles, trop longues pour un évènement mineur. Au-delà d’une satire de la société, c’est aussi les déboires d’un fonctionnaire qui espérait tant et qui est en prise avec des désillusions…

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