Philippe Lechermeier & Christian Roux, Histoires à Piocher, Seuil Jeunesse.

« -Choisir, pourquoi faut-il toujours choisir ? se lamentait-il en songeant à toutes les vies qu’il aurait pu avoir. Plutôt que de trancher, persuadé qu’il fallait qu’il goûte à tout ce que le monde lui offrait, il rassembla le peu de choses qu’il possédait, s’acheta une vieille camionnette et du jour au lendemain il partit, enivré par ces milliers d’existences possibles… »

« Mais qui est-ce qui m’a fichu un auteur pareil ? Il y a pensé ou quoi ? Comment est-ce que je vais faire, moi, pour monter tout en haut de cet immense gâteau ? Je n’ai plus vingt ans, je ne suis plus un jeune premier. Alors, un gâteau géant avec, au sommet, la maison de la mère-grand, vous imaginez ? Non, cet auteur, vraiment, je ne le sens pas … Pourtant, n’allez pas croire que je fais la fine bouche. Les rôles difficiles, ça ne m’a jamais fait peur. Pendant ma longue carrière de loup, il faut voir comme j’ai enchaîné les histoires ! J’ai obtenu les plus grands rôles, j’ai connu le succès et la gloire ! Les Trois petits cochons, Le Loup et les sept chevreaux, Pierre et le loup, Le Loup-garou, Le Loup et l’agneau, tout ça, c’est moi ! Moi, moi, moi ! »

Que le temps passe vite ! Voilà que depuis Halloween, nous voilà (presque) engagés dans la période de l’Avent. Un mois que je n’ai pas vue passer, avec de nombreuses occupations (maintenant que j’ai un jardin, mes livres doivent partager mon temps libre avec mes nouvelles résidentes Mesdames les Plantes). Est arrivé dans ma boîte aux lettres ce beau livre illustré. Je remercie Babelio et Seuil Jeunesse pour cet envoi, qui m’a plongée en enfance, de l’ouverture du paquet jusqu’à la lecture du dernier conte. A partir d’aujourd’hui, et jusqu’à Noël, je vous présenterai des idées cadeaux, à glisser sous le sapin, et ce livre a toute sa place sous n’importe quel sapin, que vous ayez ou non des enfants… A la fin de cette chronique, retrouvez un paragraphe spécial : pourquoi offrir ce livre à Noël, et à qui ?

Un résumé est compliqué pour ce recueil de contes, mais sa démarche est singulière. L’auteur est parti des illustrations de Christian Roux. Pour chacune des images présentes dans ce livre, il a décidé qu’elle illustrait soit le début, soit un évènement, soit la chute d’une histoire. Les thèmes sont variés, autour de l’enfance et de la construction de soi. Des jouets personnifiés aux incroyables monstres de l’imaginaire enfantin qui prennent vie, chaque conte trouvera sa propre résonnance en fonction du vécu du lecteur.

Pourquoi offrir ce livre à Noël, et à qui ? Les illustrations sont belles, tantôt très concrètes, tantôt plus poétiques. Les histoires imaginées autour de ces illustrations présentent plusieurs niveaux de lecture. Aussi, ce livre est à offrir à tous ceux que vous aimez ! Les plus petits découvriront des histoires de leur temps, alors qu’ils jouent avec leurs jouets et leur prêtent des caractère humains. Les adolescents réfléchiront sur cette période de l’enfance, et au fait de grandir et de renier cette part d’enfant. Les adultes quant à eux, seront touchés, éprouvant une certaine nostalgie pour cette période, se remémorant les souvenirs heureux, en regardant – peut-être sont-ils encore là – leur(s) doudou(s) fétiches, l’amour de leur vie, comme les qualifie l’auteur du livre.

Sarah Rees Brennan, Les nouvelles aventures de Sabrina – l’heure des sorcières, Hachette romans

« Mon anniversaire, à la fin du mois d’octobre, approchait à grands pas. L’été touchait à sa fin. J’ai toujours su que le jour de mes seize ans je recevrais le baptême obscure, que j’écrirais mon nom dans le livre du Seigneur Obscur, et que j’entrerais à l’Académie des Arts invisibles. Quand j’étais petite, j’attendais ce jour avec impatience. J’étais pressée de réaliser le rêve de mes parents, d’être la fierté de mes tantes, de devenir une vraie sorcière. »

« A Halloween, quand Sabrina entrera à l’Académie des Arts Invisibles, Faustus Blackwood l’écrasera sous son talon, elle aussi. La demi-sorcière ne sait pas ce qui l’attend. »

Nous y sommes, c’est le dernier jour du mois d’octobre, et avec lui, sa célèbre fête d’Halloween. Quoi de mieux que ce soir pour lire un roman de sorcières ? Pendant le premier confinement, nous avons dévoré – comme beaucoup – les séries Netflix, et avons découvert parmi celles-ci les Nouvelles aventures de Sabrina. Série que je regardais plus petite sur Canal J, autant pour la sorcière que pour son célèbre chat Salem. La série de notre enfance n’a absolument rien à voir avec cette nouvelle formule, plus adulte et plus axée sur la magie… Lorsque j’ai vu que le préquel de la série Netflix existait, je m’en suis emparé, et voici donc ma chronique…

Sabrina est une sorcière pas comme les autres. Son père sorcier et sa mère mortelle ont fait d’elle une « demi-sorcière ». Pourtant, ses tantes Hilda et Zelda, et son cousin Ambrose, comptent sur elle pour renier le monde mortel lorsqu’elle signera le livre du Seigneur Obscur, le 31 octobre, jour de son anniversaire. Ce dernier approche à grands pas, et Sabrina ne sait que faire. Elle adore ses amis mortels et la justice, et ne semble pas vouloir faire le mal… Pourtant, elle va jeter un sort à celui qu’elle aime le plus au monde…

C’est un plaisir de se plonger dans ce roman, en ayant déjà vu la série. On comprend plus de choses qui arriveront par la suite. Mais commencer par ce roman laisse un suspense des plus incroyables si vous regardez la série après. Une jolie lecture pour célébrer cette soirée d’Halloween – sans sortir de chez soi, un chat noir sur les genoux (le mien s’appelle Zouzou). Pour ma part, j’ai creusé mes traditionnelles citrouilles, et nous avons fait une tarte effrayante au chocolat avec ma Maman.

Joyeuse fête d’Halloween à toutes à et à tous, et surtout, restez prudents !

David Foenkinos, La famille Martin, Gallimard.

« En bas de chez moi, il y a une agence de voyages ; je passe chaque jour devant cet étrange bureau plongé dans la pénombre. L’une des employées sort souvent fumer devant la boutique, et demeure quasiment immobile en regardant son téléphone. Il m’est arrivé de me demander à quoi elle pouvait penser ; je crois bien que les inconnus aussi ont une vie. Je suis donc sorti de chez moi en me disant : si elle est là en train de fumer, elle sera l’héroïne de mon roman. »

« Je n’eus d’autre choix que de m’aventurer seul vers le salon. Comme à chaque fois que j’étais invité chez quelqu’un, je regardai la bibliothèque. J’ai l’impression qu’on peut tout savoir d’une personne en observant les livres qu’elle possède. A l’époque où je cherchais à acheter un appartement, je me dirigeais directement vers les étagères, en vue de découvrir les romans qui s’y trouvaient. S’il n’y en avait pas, je quittais aussitôt les lieux. Il m’était impossible d’acquérir un bien dont les précédents propriétaires ne lisaient pas. C’était comme apprendre qu’un crime horrible avait eu lieu au même endroit des années auparavant (chacun ses excès). De la même manière que certains croient aux revenants, je juge tout à fait crédible qu’il puisse exister une sorte de fantôme de l’inculture. »

J’ai découvert David Foenkinos quand j’avais une dizaine d’années, avec la sortie du film la Délicatesse. Ce dernier m’avait donné envie de lire le livre, et de fil en aiguille, j’ai lu tous les romans de l’auteur… et je n’ai pas perdu cette habitude. A chaque sortie, je me précipite à la librairie ! J’ai ouvert La famille Martin sans même lire la quatrième de couverture, pour avoir la surprise jusqu’au bout. Dès les premières pages, j’ai retrouvé l’écriture que j’aime tant de l’auteur…

Un écrivain en mal d’inspiration: c’est décidé, il va s’attacher au réel pour délaisser la fiction. Son prochain livre contera l’histoire d’un inconnu, le premier qu’il croisera. C’est Madeleine Tricot – drôle de nom pour une couturière – dame d’un certain âge. Après lui avoir expliqué son projet d’écriture, c’est toute la famille qu’il rencontre : la famille Martin. L’écrivain aux prises avec la vie réelle, entre dans l’intimité d’une famille dont les aventures seront romanesques…

La plume de David Foenkinos allie avec justesse humour, réalité et fiction. Ce roman a une haute portée philosophique. Alors que nous pensons respectivement, parfois, que notre vie est plate, identique à celle d’autres individus, il nous suffit de prendre le point de vue de l’écrivain pour en faire ressortir son originalité. Cette famille n’a rien de particulier mais en y regardant de plus près, ses aventures sont rocambolesques, romanesques, fantastiques. Un point de vue à adopter pendant le confinement !

Pauline Tressols-Féline, Une vie à tuer, Les Presses littéraires.

« En fait, je crois que plus que tout, le voyage contribue à donner une certaine perspective. Nous sommes coincés dans nos insignifiantes habitudes de vie et notre esprit, mais nous ne sommes pas bloqués physiquement. Et j’ai l’impression que le fait de nous éloigner de notre localisation corporelle peut aider à soulager notre état mental parfois malheureux, ainsi qu’à relativiser sur notre terne routine. »

« Cette nuit, j’ai rêvé que je revoyais ma voiture. Qu’elle était garée, à sa place, devant la maison. Je prenais tout simplement les clés, dans mon sac, allais l’ouvrir et récupérais mon carnet resté dedans. Je crois qu’il faudra que cela arrive, une fois que mon retour sera programmé. Je sens qu’il faut que je lui fasse face. En marchant. »

Un jour du mois de septembre dernier, je reçois un SMS avec la couverture de ce livre. C’est ma tutrice, celle qui a guidé mes premiers pas dans le métier de l’enseignement, et je la remercie pour cette belle année que nous avons passée toutes les deux ! Sa fille, que je connais et dont j’ai suivi le parcours universitaire, vient de publier son premier roman. Inutile de dire que dans les minutes qui suivaient, le livre était commandé ! J’avais hâte de le recevoir, et de le lire. C’est toujours une sensation particulière d’ouvrir un roman écrit par quelqu’un dont on connaît le visage, la voix, les attitudes dans « la vraie vie »… Surtout quand on découvre que cette personne écrit !

Alice est un peu perdue: en terminale, elle ne sait pas encore quelle orientation prendre. Dans un contexte familial qui porte le deuil, elle se retrouve à l’hôpital après un terrible accident de voiture. Avec l’aide de son kiné et de sa famille, Alice change de point de vue sur la vie… Un long chemin qu’elle emprunte…

Un roman à deux voix, celle d’une adolescente perdue et celle d’une jeune femme qui veut prendre en main son destin. L’écriture, dans une simplicité poétique, contraste avec la problématique sombre du roman : le déchirement qu’un adolescent peut vivre, des décisions irrévocables. Deux regards littéralement opposés portés sur la vie, ce roman est un véritable message d’espoir.

Didier Van Cauwelaert, L’inconnue du 17 mars, Albin Michel

« Le mardi matin, une animation frénétique et plombante a envahi mon territoire. Les derniers feux de la liberté. Des centaines de fourmis couraient dévaliser les commerces encore ouverts pour se préparer au siège, pouvoir effectuer en toute sérénité la métamoprhose légale qui ferait d’elles des cigales en vase clos. »

« Et donc je me nourris d’intelligence, d’imagination, d’amour, et je suis arrivée au bout de vos réserves. Vous ne produisiez plus de quoi assurer ma survie – pire : vous alliez causer la disparition de votre écosystème, que vous appelez prétentieusement « l’environnement » alors qu’il vous a créés. Et vous étiez sur le point de vous autodétruire par l’appât du gain, le fanatisme et la bêtise haineuse… Alors plusieurs options s’offraient à nous. »

Le 17 mars 2020. Je pense que ni vous ni moi n’oublierons cette date de sitôt… Ce fameux mardi matin marquait ces derniers instants de préparation au confinement – jusque là vaste concept encore non expérimenté. Une nouvelle organisation dans l’appartement pour que chacun puisse télétravailler à son poste sans gêner l’autre. Une propulsion vers l’inconnu: finalement, nous n’avons jamais le temps de prendre le temps d’être à la maison… Ce roman est un écho au confinement et son histoire relate ces derniers évènements que nous avons tous connus. J’avais hâte de lire ce livre, si proche de nous par cette situation…

Lucas était prof, avait une femme. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui il est SDF et apprend comme tous les français qu’à partir du 17 mars, il sera confiné. Un paradoxe alors qu’il vit dehors toute l’année. Mais un accident va bouleverser cette nouvelle période. Il se fait renverser par une voiture, et se retrouve avec son amour de jeunesse dans sa maison d’enfance… Comment est-ce possible ? Quelle tournure va prendre le confinement ?

Un roman qui vous replonge à la fois dans cette période de confinement, et qui vous permet de prendre le recul nécessaire sur son origine. Entre réalité et science-fiction, l’auteur nous engage à repenser notre façon de vivre et de consommer.

Fabrice Caro, Broadway, Gallimard.

« Quand on habite un fantasme, la moindre des politesses est d’avoir le bagage adéquat, il faut entrer dans un rêve comme on fait du tourisme: en respectant les us et coutumes du pays humble et polymorphe ».

« Rien ne ressemble jamais à ce qu’on avait espéré, rien ne se passe jamais comme on l’avait prévu, le résultat est toujours à des années-lumière de ce qu’on avait projeté, nous sommes tous dans une comédie musicale de spectacle de fin d’année, dans un Broadway un peu raté, un peu bancal, on se rêvait brillants, scintillants, emportés, et on se roule les uns sur les autres, et nos coudes dans nos bouches et nos cuisses entremêlées et nos diadèmes qui tombent sur nos yeux, et on s’extrait de son corps, on se regarde, impuissants et résignés, et on se dit: C’est donc ça la réalité. Tout est foireux par essence, mais on continue de se persuader qu’atteindre son but est la règle et non l’exception. »

J’ai été très occupée ces derniers temps et n’ai donc pas eu le temps de partager avec vous mes dernières lectures ! Comme j’ai un peu de temps devant moi, voici ma chronique sur Broadway de Fabrice Caro. J’ai découvert cet auteur avec sa célèbre bande dessinée Zaï Zaï Zaï Zaï qui m’avait fait beaucoup rire ! Il en avait été de même sur scène, lorsque j’assistais à la pièce radiophonique au théâtre. Lorsque j’ai vu ce nouveau roman, impossible de résister !

Alex a une situation tout à fait respectable: marié, deux enfants, un travail. Son fils dessine ses profs dans des postures obscènes, sa fille lui demande d’aller mettre des cierges pour tuer (au sens littéral) la nouvelle copine de son ex, et sa femme prévoit de partir avec son couple d’amis – amis qu’Alex n’a pas choisis, évidemment. Une situation somme toute banale. Par contre, ce qui est hors du commun, c’est l’arrivée de cette enveloppe bleue dans la boîte aux lettres, destinée à Alex: un courrier de la CPAM destiné aux hommes de cinquante ans. Mais lui n’en a que quarante-six… Erreur ? Destin ?

L’enveloppe bleue est le fil conducteur du roman. Elle nous entraîne dans les méandres de la pensée d’Alex. Un personnage haut en couleurs, qui se retrouve dans des situations cocasses. Situations absurdes que nous avons déjà rencontrées au cours de notre vie. Fous rires assurés en lisant ce roman qui dépeint une réalité bien plus réelle qu’on ne le pense…

Laurent Petitmangin, Ce qu’il faut de nuit, La manufacture de livres.

« Ce soir-là, il n’était pas rentré si tard de l’IUT. Il était là pour le repas. Il avait mis la table et fait réchauffer des galettes de maïs. C’était leur nouvelle habitude avec son frère. Ils ne mangeaient plus de pain, mais des galettes de maïs, qu’ils achetaient par paquets de vingt et qu’ils passaient au micro-ondes pour bien les ramollir. »

« J’avais rapidement compris que me saouler des journées entières ne me mènerait nulle part. Je l’avais déjà fait après le décès de la moman et j’en étais sorti. Pas envie de replonger là-dedans. »

J’ai découvert le Livre sur la place, premier salon du livre de la rentrée littéraire en France, l’an dernier, Nancy étant dans mon Grand Est. Si cette année je n’ai pu m’y rendre, j’ai attendu avec impatience de connaître le lauréat du prix Stanislas- prix remis pour un premier roman (l’an dernier, j’en avais parlé ici). Je découvrais alors Ce qu’il faut de nuit, premier roman de Laurent Petitmangin.

Un père qui se retrouve seul avec ses deux enfants après la mort de sa femme. Deux enfants qui ont besoin d’un père pour continuer à avancer et se construire. Alors que les deux garçons grandissent, un faussé se creuse entre les trois hommes de la famille. L’aîné en vient même à s’investir dans le parti politique dont les idées défendues vont à l’encontre des principes du père… Jusqu’au jour où ce fils en question se retrouve à l’hôpital avant d’être jugé…

Un roman dont le style jette sur les pages des sentiments bruts : la détresse, la colère, mais aussi l’espoir et l’amour. Si le fond politique ne m’a pas séduite, ce roman dépeint une histoire de vie, où l’amour règne en maître.

Morgane Ortin, Amours Solitaires, J’ai lu.

« Ce livre, je le vois comme le lieu de rencontre de tous ces amoureux solitaires qui sont devenus solidaires sans le savoir. Ensemble, ils ont crée une grande histoire d’amour nourrie de 278 conversations anonymes. Il y aurait pu y avoir des milliers d’histoires d’amour différentes à partir de la belle matière que j’avais. J’ai choisi celle qui va suivre. »

« Si nous aimons, disons-le, si nous désirons, montrons-le. Il y a tellement de nuances et de possibles dans l’expression du sentiment que nous serions bien tristes d’aimer en rejetant l’amour.

J’ai profité d’un après-midi pour faire un tour chez mon libraire préféré. Etant rentrée dans mon Grand Est, j’ai retrouvé mes habitudes. Passer chez mon libraire était LA première chose à faire ! Bien sûr, je me suis attardée sur les nouveautés grand format de la rentrée littéraire (et je vous partagerai d’ici peu mes chroniques sur les livres que j’ai choisis), mais l’expérience de cet été m’ayant charmée au plus haut point – celle de découvrir des romans par hasard – que j’ai aussi choisi bon nombre de romans qui viennent de paraître au format poche. Parmi ces derniers, Amours Solitaires, que j’ai vu régulièrement en grand format lors de mes passages à la librairie, sans jamais le prendre en main ou lire la quatrième de couverture. Un livre intrigant mais qui n’avait jamais su pousser assez ma curiosité. Le voyant sur la table des J’ai lu, je me suis dit « bon, allez, maintenant je le prends pour voir ». Et étrangement, en rentrant, c’est par ce dernier que j’ai commencé. Je l’ai lu en une soirée…

Un échange. Un long échange de messages électroniques, comme nous envoyons – plus ou moins – avec notre téléphone. Une conversation suivie, écrite, à différentes heures du jour et de la nuit, entre deux êtres qui se rencontrent et tombent amoureux. Malgré un amour fou, elle décide de partir à plus de 2000 Kilomètres de lui. Cette relation survivra-t-elle à la distance ? La possibilité d’échanger sans cesse par téléphone interposé suffira-t-elle à réduire cette distance ?

Un livre singulier. Sa forme est atypique: on lit un échange de SMS sur un support papier. Pourtant, à l’inverse, lire un livre sur un ordinateur ou sur un téléphone ne nous surprend plus. Le fond de ce roman est tout aussi exceptionnel. C’est pourquoi j’ai repris les paroles de l’autrice elle-même, et non des extraits du roman en lui-même en ouverture de cette chronique. L’autrice a imaginé cette histoire à l’aide de véritables messages d’amour publiés sur Amours Solitaires, la page instagram qu’elle a dédiée aux déclarations d’amour en tous genres. Sa volonté est de montrer que l’écriture est toujours là, qu’elle a juste changer de support. Cette démarche est des plus intéressantes sur le plan psychologique: alors que le lecteur ne sait rien des personnages, il peut fabriquer la personnalité et l’hsitoire de chacun d’entre eux. D’une universalité des sentiments, ce roman devient particulier pour chaque lecteur. Et si vous en voulez plus, la suite de ce roman vient de paraître chez Albin Michel. Sinon, vous pouvez assouvir votre soif de messages d’amour sur la page instagram qui porte le même titre que le livre.

Claudia Gray, Maître & Apprenti (Star Wars), Pocket.

« Nous étions amis mon jeune Padawan. Je pense que, d’une certaine manière, nous le sommes toujours. Mais ça ne change rien. Ne va pas croire que tes amis sont incapables de perpétrer un acte répréhensible. Même les meilleurs peuvent commettre de très grosses erreurs. Je pense toutefois qu’il faut les aider à comprendre leur fautes et à leur en faire prendre la mesure, un point de vue que ne partage pas le Conseil. Dumoins, quand il s’agit de Rael Aveross. »

« C’est ce que j’ai toujours dit. Tu ne te souviens pas, c’est moi qui devais t’en convaincre à l’époque ? Tu étais à deux doigts de te transformer en diseur de bonne aventure, prêt à lire l’avenir pour un ou deux crédits dans le spatioport du coin. C’est tout de même bizarre, non ? Le fait que tu aies été obsédé par ce genre de choses à l’adolescence et que l’une de ces prophéties semble toute proche de se réaliser avec toi ! »

Souvenez-vous. Pour fêter mon centième article, j’ai publié une sélection de quelques livres, trouvés au hasard de mes flâneries estivales dans les rayons des librairies. Pour prolonger un peu l’été (et pour permettre à mon Papa de finir l’un d’entre eux), j’ai choisi d’entrecouper cette sélection avec d’autres romans (eh oui, il y a la rentrée littéraire). J’ai découvert Star Wars pendant le confinement, avec la série Mandalorian. Je l’avoue, j’avais un a priori des plus négatifs sur cet univers (sans mauvais jeu de mot) ! Finalement, je me suis prise au jeu, voulant en savoir plus. J’ai donc choisi de revenir aux sources avec ce roman qui précède les films…

Qui-Gon et son Padawan Obi-Wan ont des difficultés à s’entendre, à se comprendre. Une situation terrible entre un maître et son apprenti. Alors que Qui-Gon est invité à rejoindre le Conseil, il est envoyé en mission avec son jeune Padawan. Ils retrouvent Rael Aveross, camarade de Qui-Gon. Tous deux avaient le même maître qui n’est autre que Dooku – mystérieusement disparu. Si Qui-Gon a su garder les valeurs fondamentales des Jedi, il n’en est pas de même pour Rael. Pourtant, ensemble, et avec l’aide de deux voleurs de cristaux, ils vont déjouer le complot politique qui est en train de se tramer…

Une lecture sympathique, avec des éléments qui viennent compléter notre connaissance de l’univers. L’autrice nous livre les pensées des personnages et c’est ainsi que nous pouvons (mieux) comprendre les relations et les caractères des Jedi devenus connus. Le rythme, lent, permet de nous évader. Un roman que je vous conseille, si vous avez déjà quelques éléments concernant la saga.

Marie Pavlenko, Tu es mon soleil, J’ai lu.

« Bientôt les vacances de la Toussaint. J’ai avancé les Misérables. Jean Valjean a piqué l’argenterie mais le curé a dit qu’il la lui avait donnée. Il a changé sa vie. Du coup, Jean Valjean attendri par Fantine a décidé de changer la vie de Cosette. Qui changera le mienne ? »

« Monsieur Jaunard se venge de son nom grotesque en classant les copies par ordre décroissant. Les meilleures notes d’abord. Certains font l’inverse mais remarquez la différence entre ces deux méthodes. Préalable: on vous rend votre devoir. Vous êtes stressée (le « vous » désignant, moi.). 1. Ordre croissant. Lorsque le pire s’égrène et que votre nom n’est toujours pas prononcé, l’espoir grandit. Plus la distribution avance, plus un poids s’ôte de votre poitrine. 2. Ordre décroissant. Vous ajoutez à l’angoisse de départ celle de chaque nom appelé qui n’est pas le votre, plus la distribution avance, plus un poids écrabouille votre poitrine. Horreur torture. CQFD.. »

Nous y voilà: le 31 août qui sonne la fin de l’été et la rentrée scolaire. Comme Déborah – héroïne de ce roman – demain, les élèves reprennent le chemin de l’école. Nous, les prof, c’était aujourd’hui, et, vous vous en doutez, tous masqués – et sous la pluie. Quel autre moment que ce dernier pour vous présenter ce roman coup de coeur, découvert au détour d’un rayon lors d’un shopping avec ma Maman, qui commence… le jour de la rentrée scolaire ! Nous avons été intriguées par la couverture, puis par la quatrième qui laisse tout imaginer ! Et finalement, après les « Oh il est trop bien » de ma Maman, j’ajoute mes « Oh il s’est lu trop vite »… Je profite de cette chronique pour souhaiter une belle rentrée à tous mes anciens élèves, et à tous les autres évidemment…

Déborah entre en Terminale. Elle est séparée de sa meilleure amie, et se retrouve avec Mygale Man (un surnom donné à Jamal), et un nouveau, Victor. A la maison, Déborah est intriguée par sa Maman qui passe ses journées à faire du découpage et son Papa – trop – souvent absent. Alors que Déborah peine humainement et scolairement parlant, elle se lie – contre toute attente – d’amitié, avec Jamal et Victor. Quel tournant la vie de l’adolescente va-t-elle prendre en cette année de terminale ?

Un roman qu’on déguste comme un bon chocolat. Une plume à la fois drôle, juste, poétique, permet au lecteur de voyager. En lisant, vous oubliez votre canapé, et vous vous retrouvez sur les bancs de l’école à côté de Déborah. Les descriptions permettent véritablement de visualiser le roman, comme vous regarderiez un film. Si ce roman est une histoire de vie, soyez attentifs aux dessins sur la couverture et aux titres des chapitres qui cachent bien des indices…