A vos tranches de livres !

Vous avez peut-être entendu parler de ce nouveau challenge lancé sur le net par Improbables Librairies, Improbables Bibliothèques: le gâteau littéraire, constitué de nos tranches de livres !

Je trouve cette idée géniale, et c’est pourquoi je vous propose de créer vos propres textes, sans être nécessairement des poèmes. La lecture doit toujours se faire du livre du haut de la pile vers le bas, comme un texte. Je ferai un article avec vos photos.

Vous pouvez me les envoyer par mail à cette adresse : roxane.lectrice@gmail.com

Quant à moi, j’ai joué aussi pour vous proposer ma sélection du mois de mai !

Jay Asher, What light, Michel Lafon Poche.

« C’est juste que je déteste l’idée que ça puisse être notre dernière année là-bas. J’ai beau vous adorer, les filles, ça me manquerait de ne plus aller en Californie ».

« Elle me fixe du regard, mais je refuse de prononcer un mot de plus avant qu’elle ne s’explique. ‘Il paraît qu’il a agressé sa soeur avec un couteau.' »

Pour ce dernier jour du mois, voici le livre jeunesse que je vous propose, What Light, écrit par l’auteur de 13 reasons why, roman et série à succès. J’ai découvert cet auteur il y a quelques années, grâce à ma classe de quatrièmes de l’époque. Je leur avais demandé de choisir un roman au choix et de faire un résumé assorti d’un commentaire – positif ou négatif – étayé. Je découvre de cette façon des livres, que je lis afin de comprendre leurs arguments (et de vérifier leur compréhension du texte). Plusieurs d’entre eux avaient alors choisi 13 reasons why, en me disant, « Madame, c’est trop bien, et quand vous l’aurez lu, il faudra que vous regardiez la série, elle est trop bien aussi ». Cela a été chose faite, et lorsque je suis tombée par hasard, au détour d’un rayon, sur ce roman What light, je l’ai pris sans réfléchir. Le confinement m’a permis de lire ces livres qui dorment dans la bibliothèque…

Sierra est une adolescente qui est inséparable de ses deux meilleures amies. Une séparation forcée tous les Noëls, où Sierra part dans l’Oregon avec ses parents qui tiennent une ferme de sapins. Mais, peut-être, est-ce la dernière année, si on en croit les bribes de la conersation qu’elle a surprise. Là-bas, elle retrouve aussi une autre meilleure amie, Heather, qui la pousse à avoir un petit copain pour cette période… C’est vrai que ce garçon qui vient lui acheter des sapins plaît bien à Sierra, mais Heather lui révèle une terrible rumeur… Que fera Sierra de cette information ?

Une histoire de coeur, une histoire de vie, qui vous rappelleront bien des souvenirs de votre adolescence ! On suit les aventures de Sierra, réfléchissant à ce qu’elle va faire. Un roman accessible aux jeunes, qui s’ancre dans leur univers, mais aussi, à nous, adultes, qui devons aussi retomber en enfance le temps de quelques pages…

Salvia Rubio, Django main de feu, Dupuis.

« Django, c’est un anti-perroquet, jamais il ne se répète, à chaque cycle de mesures, il renaît » Thomas Dutronc

« Arrête de me parler de cette maudite guitare ! Regarde ma main ! Je ne jouerai plus, tu m’entends ? »

Alors que nous finissons tout doucement le mois d’avril, voici la bande dessinée que je vous propose de découvrir. J’ai découvert Django petite, mon Papa étant guitariste. Ensuite, avec les différents groupes de jazz que j’ai eus, nous avons repris un grand nombre de ses thèmes. Bref, je suis une grande admiratrice de ce musicien hors du commun, et fan de la musique manouche. J’avais envie de découvrir cette bande dessinée, savoir comment pouvait être contée et illustrée l’histoire de ce guitariste…

Dès son enfance, une seule chose intéresse Django: la musique. Et, plus précisément, le banjo. Il ne sait faire que ça, mais qu’est-ce qu’il sait bien le faire ! Très vite, il se fait un nom et joue avec les plus grands. Il se marie, mais, alors qu’il fait un rêve (prémonitoire), sa roulotte brûle. Django est gravement brulé, notamment à la main. Comment va t il composer avec cet handicap ?

Un moment doux, avec des illustrations sublimes, où l’on (re)découvre le parcours de Django. Une histoire touchante, qui rend le musicien accessible, proche de nous. Enfin, puisqu’il le dit très bien, je reprends les mots de Thomas Dutronc, artiste que j’admire beaucoup aussi et qui a préfacé cette BD…« Et j’ai d’abord été très agréablement surpris par la sensibilité de cette bande dessinée, j’ai ensuite été complètement conquis! Je n’ai pas pu m’empêcher de la finir d’un trait, et j’avais les larmes aux yeux tant cette histoire éclaire de manière intelligente et sensible plein d’aspects qui d’habitude restent juste dans l’anecdote, quoique extraordinaire, car tout chez Django est extraordinaire ».

Herbert George Wells, La machine à explorer le temps, Folio.

« Alors l’Explorateur du Temps raconta son histoire telle que je la transcris plus loin. Il s’enfonça d’abord dans son fauteuil, et parla du ton d’un homme fatigué; peu à peu il s’anima. En l’écrivant, je ne sens que trop vivement l’insuffisance de la plume et du papier et surtout ma propre insuffisance pour l’exprimer avec toute sa valeur. »

« Néanmoins, je courais de toutes mes forces. Tout le temps, avec cette certitude qui suit parfois une terreur excessive, je savais qu’une pareille assurance était simple folie, je savais instinctivement que la Machine avait été transportée hors de mon atteinte. »

J’ai annoncé lors de ma dernière chronique que je changeais un peu de style de lecture. Voici donc le classique du mois d’avril que j’ai décidé de vous présenter. Vous connaissez tous, je pense, La guerre des mondes, du même auteur. J’avais sélectionné ce livre lors d’une frénésie d’achats livresques: il était offert pour l’achat de deux Folio. Ces opérations sont toujours fructueuses. On y découvre ou redécouvre des auteurs. Je me suis donc plongée dans ce roman, et quelle autre période que celle-ci pour réfléchir à l’aspect temporel ?

L’Explorateur du Temps est clair: tous nos repères, spaciaux et temporels sont à revoir. Pour le prouver, il construit une machine à explorer le temps. Lorsque cette dernière est prête pour le grand voyage, il enclenche le levier et s’envole pour une autre dimension, un autre temps. L’Explorateur nous livre son incroyable voyage, où il rencontre de nouvelles civilisations. Sa machine disparaît: comment retourner dans son époque ? Notre aventurier va devoir explorer cette terre plus qu’il ne l’avait prévu s’il souhaite retourner chez lui…

Un court roman, qui sublimera votre imagination. Entre fantastique réalité et réalité cruelle, cette histoire nous incite à réfléchir à notre rapport au temps, à notre aptitude à rêver. Une oeuvre à double lecture, une première, littéraire, qui apparaît comme une fenêtre pour s’évader, et une seconde, plus philosophique, qui brouillera votre perception du temps – et de l’espace. Une aventure singulière pour échapper à notre quotidien !

Adèle Solann, Hôtel de Paris, Seuil.

« Il n’est plus très loin de l’Hôtel de Paris. Hôtel de Paris. Il fait tourner ce nom dans sa tête à la façon d’un bonbon chimique que l’on hésite à croquer. Un nom ringard et intrigant, dissonant d’avec le scintillement d’Anne-Victoire. »

« Je lui tourne le dos, sachant qu’il faudra replonger dans la vraie vie, mes parents, les enfants, l’hôpital, les patients. Se noyer dans un quotidien irréprochable, lisse et prosaïque, avec la certitude que le doute pourra toujours ressurgir à cause d’un regard ou d’un air songeur, et rien ne pourra jamais totalement l’éteindre. »

C’est une situation paradoxale: alors que nous sommes en confinement, je n’ai pas le temps de lire plus que d’habitude ! J’ai peut-être moins de temps même, et je n’accroche pas si facilement à des histoires de vie, des romans feel-good, que je dévore pourtant d’habitude. Qu’en est-il pour vous ? Je vous présente tout de même aujourd’hui ce roman, premier de cette autrice. Je remercie Seuil et Babelio pour cet envoi découverte.

Justine, Christophe et leurs enfants forment une famille. Terme qui a quelque peu perdu de sa superbe depuis que Christophe est au chômage et qu’il peine à trouver du travail. Alors que Justine part avec ses enfants passer les vacances chez ses parents, Christophe se laisse entraîner par son ami dans une boîte gay. Coup de foudre pour ce lieu qui remettra bien en question ses croyances…

Un roman qui se lit bien, et qui nous interroge sur la séduction. Un roman à deux voix (ou voies…), avec le point de vue de Justine et celui de Christophe, qui révèlent les ambiguïtés d’un discours et des actions.

Eduardo Jauregui, Conversations avec mon chat, Pocket.

« Eh oui, a repris Sybille. Je t’adopte, que tu le veuilles ou non. Le temps que tu comprennes que personne ne peut savoir mieux que toi ce dont tu as besoin. Tu crois peut-être que je suis là juste pour m’amuser ? Je préférerais aller chasser la souris, je t’assure! »

« Tu as juste besoin d’une maison avec vue sur le bonheur, je t’assure. Et les fenêtres, c’est toi qui doit les ouvrir, en toi même. Une fois que toi, tu auras fleuri, tu verras que tu seras partout chez toi, que tu vis déjà dans un palais, et que tu es la reine de l’univers. »

J’ai ce livre dans ma bibliothèque depuis pas mal de temps. Vous savez, ce genre de livre qu’on veut lire mais qui passe toujours après les autres. Le confinement m’a guidée vers lui: une envie d’évasion certaine, avec des chats qui parlent – peut-être aussi parce que mon chat, alias Zouzou, me manque à 800 kilomètres…

Sara a la quarantaine, un mari avec qui elle vit, et un travail qu’elle n’affectionne plus autant qu’avant. Alors qu’elle est chez elle, une patte tape à le fenêtre: c’est celle de Sybille. Cette dernière demande à Sara si elle peut rentrer. Oui, Sybille est un chat, et elle parle ! Faisant abstraction de cet épisode, Sara se rend au travail le lendemain pour une présentation importante d’un projet. Mais, ayant perdu son ordinateur, elle perd pied et s’évanouit. De retour à la maison, elle retrouve Sybille, avec qui elle accepte de parler. Le chat va alors la guider sur le chemin de la résilience, et de l’amour de soi.

Un roman plein de peps, qui nous rappelle – surtout dans cette période que nous traversons – qu’il nous faut vivre en pleine conscience. L’autrice place la sage parole, et les vérités dans la bouche de Sybille. Un chat qui parle peut être plus franc avec vous que n’importe quel autre humain. Une écriture intelligente et drôle, pour un roman feel good.

Astérix, Le ciel lui tombe sur la tête, A. Uderzo & R. Goscinny, éditions Albert René

« Par Toutatis !!! Tout le village est sous les effets de cet étrange phénomène !!! »

« C’est quoi cette horrible chose qui va nous écraser ??? »

Voilà presque deux semaines que nous sommes confinés, pourtant, le temps continue de passer, même plus vite j’ai l’impression parfois… Peut-être est-ce car je n’ai pas le temps de lire tous ces livres qui m’attendent ?! J’ai choisi de vous présenter comme bande dessinée du mois, un volume d’Astérix, puisque son Papa nous a quittés récemment. Je partage donc avec vous cette parenthèse gauloise…

Astérix et Obélix se rendent compte que tout le monde est inanimé: des sangliers à Bonemine, seuls les deux héros, Idéfix et le Druide sont encore apte à se déplacer. Une drôle de boule dorée flotte au dessus de leur tête, pendant qu’une créature violette venue d’une étoile, Toune, accompagné de superclones ressemblant à des super héros, demande de l’aide aux deux comparses. Cette aide, c’est la potion magique. Au même moment arrive Nagma, l’ennemi de Toune. Qui de ces deux invités va réussir à s’emparer de la célèbre potion ?

Une plongée en enfance et dans le monde des Gaulois, avec une touche d’exotisme. Un personnage emblématique, que je n’affectionne pas particulièrement, mais qu’on aime toujours suivre dans ses aventures !

Karine Lambert, Un arbre, un jour…, le livre de de poche.

« Cet arbre nous accompagne depuis notre naissance et est resté fidèle jusqu’au bout, lui. Il mérite notre gratitude. »

« Les humains nous entourent de leurs bras, écrivent des poèmes et des chansons en hommage à notre grandeur ou ils gravent des prénoms sur nos troncs, et nous acceptons sans broncher. Nous leur offrons volontiers l’oxygène dont ils ont besoin. Nous les arbres, nous avons également nos rêves, nos envies d’ailleurs, nos moments de solitude intense. Quelquefois, comme eux, nous titubons au bord de l’abîme. »

J’ai commencé à lire ce livre alors que le confinement s’annonçait. Initialement, j’ai choisi ce livre parce Papa était en train de le lire à 800 kilomètres de moi (je l’avais moi aussi dans ma bibliothèque) et que Maman l’avait beaucoup aimé. Paradoxalement, je n’ai pas eu plus le temps de lire que d’habitude malgré ces jours passés à la maison ! Mais une chose est sûre, c’est que ce livre, en plus d’être émouvant et poétique, s’inscrit dans ce climat particulier : il faut que nous soyons unis pour arriver à notre but commun. C’est l’unique moyen d’y parvenir…

Un Platane. Le Platane – Monsieur Platane je dirai même – trône au milieu de la place depuis plus de cent ans. Les habitants l’ont toujours connu là, partageant avec lui leurs humeurs. Et cet arbre veille sur ces habitants. Mais les services de la mairie ont décidé de son sort : il va être abattu. Clément, jeune garçon d’une dizaine d’années va se battre pour le sauver. Lettre au président, vente de badges, le garçon va vite réunir une équipe autour de lui… Cela va-t-il suffire à sauver l’arbre ?

Un roman empli de tendresse, où des personnes – pourtant très différentes – s’unissent dans un but commun. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, en fonction de ce qu’il est, de ce qu’il a. La voix de l’arbre – voix de la sagesse – nous rappelle à la fois notre petitesse dans le monde, et notre grandeur. Un paradoxe qui fait de nous l’Humain que nous sommes, qui peut agir sur une partie de son destin.

Pour sauver notre arbre, notre France, il nous faut prendre soin de nous, et de nos ainés, en restant au chaud en lisant de bons livres !

Laetitia Colombani, La tresse, Le livre de poche.

« Lever le pied ? Et comment ? En vendant ses enfants sur eBay ? En décidant qu’à partir de ce soir on ne mange plus ? En annonçant à ses clients qu’elle fait grève au cabinet ? Elle gère des dossiers aux enjeux cruciaux, qu’elle ne peut déléguer. S’arrêter n’est pas une option. »

« Elle se sent tiraillée entre des sentiments extrêmes, tour à tour abattue et exaltée. Tel un acrobate sur un fil, elle a l’impression d’osciller au ré du vent. C’est ainsi, se dit-elle, la vie rapproche parfois les moments les plus sombres et les plus lumineux. Elle prend et donne en même temps. »

8 mars. C’est un jour symbolique. C’est pourquoi j’ai décidé de vous présenter ce roman, la Tresse, de Laetitia Colombani, un livre qui met à l’honneur trois femmes, qui, chacune, se battent pour la liberté, pour leur condition. Si aujourd’hui est un jour important pour toutes les femmes, c’est aussi l’anniversaire de ce blog. Aussi, je tiens à vous remercier: tous ces échanges avec vous sont enrichissants !

Trois femmes, trois lieux : Smitia en Inde, Sarah au Canada et Giulia en Sicile. Toutes trois ont cette envie de vivre comme elles l’entendent, comme des femmes à part entière. Smitia veut offrir à sa fille une autre vie que la sienne et celle des générations précédentes. Mais comment se libérer de sa condition sociale ? Giulia veut sauver l’entreprise familiale. Comment aller contre sa famille qui veut respecter les traditions ancrées ? Sarah, quant à elle, est une brillante avocate, atteinte d’un cancer. Comment continuer d’exister malgré cette maladie ?

Ce roman à trois voix nous confronte à la place de la femme dans plusieurs situations. Entre coutumes et abus de pouvoir, ces trois femmes se battent pour une vie meilleure et la liberté. Au fil des pages, le destin de ces trois femmes se rapproche. Toutes sont liées par un lien invisible. Le lecteur cherche ce lien, l’imagine. Laetitia Colombani nous emmène aux confins du monde, et éveille notre curiosité.

Paulo Coelho, La voie de l’Archer, Flammarion.

« Si tu as accompli les mouvements justes, ouvre tes doigts et lâche la corde. Et si tu faillis, tu sauras corriger ta visée la prochaine fois. Si tu ne prends pas de risques, tu ne sauras jamais quels changements tu devais mettre en oeuvre. »

« Éloigne-toi de ceux qui assènent des vérités, qui critiquent les gens qui pensent autrement, qui n’ont jamais fait un pas sans être certains d’être respectés, et qui préfèrent avoir des certitudes plutôt que des doutes. »

On remet toujours ce que nous voulons faire. Aussi, j’avais découvert au lycée la discipline du tir à l’arc. Depuis, je voulais toujours en refaire. Cette année, je me suis donc décidée et je me suis inscrite au club près de chez moi. Un sport calme, qui demande une concentration et une position infaillible. La pratique du tir à l’arc est une mise en perspective de soi: si votre flèche n’atteint pas sa cible, inutile de se retourner vers vos coéquipiers, vous êtes votre seul coéquipier. Il était donc impensable de ne pas lire et de partager avec vous ce livre.

Que se passe-t-il lorsqu’on rencontre un maître et qu’on lui demande des conseils sur cette discipline ? Ce petit livre retrace donc l’histoire d’un jeune disciple, qui trouve son Socrate, et qui apprend les pensées qui accompagne cet art.

Ce livre n’est pas un roman. Il est dans la lignée des quelques précis de philosophie de vie déjà proposés par l’auteur. La métaphore de la vie avec le tir à l’arc est menée dans son ensemble, avec une jolie poésie. Faisant du tir à l’arc, ma perception est sûrement différente de celle d’un lecteur qui ne pratique pas. Paulo Coelho ne parle pas du tir à l’arc que nous connaissons aux jeux olympiques, mais du Kyudo, le tir à l’arc japonais. Dans un texte de Kyudo moderne il est dit que cette discipline « est la voie de la Vertu parfaite ». L’auteur entraîne alors le lecteur dans un système de pensée applicable au quotidien, en associant la beauté du geste que nous connaissons à cet art martial qu’est le Kyudo.