Sylvain Tesson, Blanc, Gallimard.

« Dans l’allégeance à la blancheur, la neige sert de réflecteur à l’Imaginaire. On fend la substance des paysages, on est emporté par le flux, absorbé dans l’effort. Soudain, affleurent les souvenirs. Sans raison, apparaît un visage. C’est une visite clandestine née du Blanc. La fille que j’aimais, blanche blonde et bleue, s’invitait souvent dans mes jours de traversée. »

« Le ciel était froid, l’air vif, le monde semblait jeune : c’était le carillon du mensonge. En vérité la géologie s’effondrait et nous allions par les travées de la maison des morts. On croit que la montagne se dresse. Elle s’écroule. Le calcaire est une pierre de la sédimentation. »

Comme tous les nouveaux livres de Sylvain Tesson, j’attendais sa sortie avec impatience ! Et comme d’habitude, je prenais le temps de le contempler avant de l’ouvrir, le paradoxe qui me tient lorsque j’affectionne particulièrement la plume d’un auteur, refit surface : lire à la fois lentement pour m’imprégner de tous ces mots et en même temps lire vite pour découvrir ces mêmes mots…

Dans ce livre, Sylvain Tesson revient sur une aventure dans le grand Blanc, morcelée sur quatre hivers. Comme il sait si bien le faire, il nous entraîne avec lui dans ces paysages immaculés et dans ses réflexions.

Je suis toujours aussi séduite par la plume de cet auteur, chaque mot, chaque phrase, m’envoute… Mon carnet de citations se remplit toujours à l’issue d’une lecture de cet auteur !

Clin d’œil au concours organisé par Babelio et Gallimard, #claralitproust

Happy Halloween ! Betty Ren Wright, La maison de poupées, Bayard.

« Elle ne voulait plus penser au grenier. Ni parler de la maison de poupées. Sinon, il lui faudrait essayer de comprendre comment une des poupées- la grand-mère- pouvait se trouver dans le petit salon, alors qu’Amy était presque sûre qu’elles avaient laissé toute la famille assise autour de la table de la salle à manger. Les poupées ne se déplacent pas toutes seules, songea-t-elle, et elle sentit la chair de poule de former sur ses bras. »

« Les pas continuaient. Lourds. Traînants. Pas du tout la démarche légère et rapide de sa tante. »Amy, c’est dans la maison de poupées, dit Louann, étonnée. Quelqu’un marche dans l’escalier de la maison de poupées. » « 

Ça y est : nous sommes le 31 octobre ! Et c’est l’heure d’halloween ! Pour l’occasion, au programme, confection d’un entremet orange chocolat, d’un carrot cake, de citrouilles Jack O Lantern, décorations en tous genres, et bien-sûr, une lecture spéciale !

Voici donc La Maison de Poupées. Amy va bientôt fêter son anniversaire et entrer dans l’age adolescent. Elle ne supporte plus sa sœur, qui souffre d’une maladie mentale, et qu’elle doit garder constamment. Elle décide de partir vivre chez sa tante quelques temps, loin d’elle. Dans le grenier, elle découvre une maison de poupées pas comme les autres : la réplique de la maison de sa tante, sauf que les poupées se déplacent seules pour reconstituer une scène de crime…

Un roman quelque peu effrayant, mais délicieux à lire ! On aime le contraste de l’enfance avec ces poupées qui mettent en scène des meurtres !

D. H. Lawrence, L’amant de Lady Chatterley, le livre de poche.

« Constance resta en arrière et laissa continuer la voiture. La journée s’était embrumée ; le petit ciel bleu qui s’était posé très bas sur le bord circulaire du brouillard avait disparu ; le couvercle était refermé ; il faisait froid et âpre. Il allait neiger. Tout était gris, tout gris ! Le monde avait l’air exténué. »

« Parce que, moi, quand je sens que l’espèce humaine s’est condamnée elle-même par sa propre bassesse, alors je trouve que les colonies ne sont pas encore assez loin. La lune même ne serait pas assez loin. Parce que, là encore, on pourrait regarder en arrière et voir la terre, sale, basse, insipide parmi les étoiles : rendue ignoble par les hommes. »

Voilà bien longtemps, trop longtemps, que je ne vous ai pas fait part de mes lectures. Avant les vacances, le rythme a été endiablé et je n’ai pas eu le temps d’ouvrir beaucoup mes livres ! Je suis tombée par hasard, lors de la foire aux livres, sur ce roman, L’amant de Lady Chatterley. Je voulais le lire depuis longtemps, c’était donc l’occasion !

Constance s’ennuie aux côtés de son époux Clifford, estropié par la guerre, et devenu impuissant. Alors qu’elle remplit son rôle d’épouse parfaitement, tout va changer lorsqu’elle rencontre le garde-chasse. Des rendez vous secrets dans le bois à l’explosion des sentiments, Constance découvre les affres de l’amour. Que va-t-il advenir de son mariage avec Clifford ?

Un roman très agréable à lire, et sous ses airs de littérature légère, de vraies réflexions sur la société sont présentes. Des réflexions qui sont toujours d’actualité aujourd’hui. Quand on sait que l’auteur est un homme, la perception négative de l’homme, centrale au roman, est des plus étonnantes !

Sélection foire du livre, Amnesty International.

Comme promis, voici une partie des ouvrages qui sont d’ores et déjà intégrés à ma bibliothèque !

Après 1h30 de choix, j’ai bien du me résoudre à me diriger vers la sortie, le sac étant plein… Si tant d’ailleurs que j’ai offert une belle séance de musculation à mon cher et tendre qui m’accompagnait !

Parmi ces jolis livres, des romans, évidemment, d’hier et d’aujourd’hui, des ouvrages universitaires, des livres de théâtre, et quelques clins d’œil qu’il m’était impossible de laisser !

Dans les romans, quelques découvertes, notamment les Thanatonautes de Werber que je ne connaissais pas, des livres de Marie-Bernadette Dupuy, un de Sylvie Germain, ou encore un de Philip K. Dick. Les ouvrages universitaires m’ont rappelée à mon bon souvenir des années fac, avec des études de sociologie (c’est ce même professeur que j’ai eu en sociologie de la musique qui a fait sa séance de musculation aujourd’hui), de philosophie ou de linguistique. J’ai privilégié des éditions complètes du théâtre de Musset, de Marivaux ou encore de Vigny. Pour les clins d’œil, un petit dictionnaire des vins et alcools trouvé en haut d’une pile, l’œuvre phare de Huxley (bien qu’il soit déjà dans ma bibliothèque).

Voilà un joli bouquet de livres constitué durant cette matinée livresque !

Foire aux livres, Amnesty International.

Aujourd’hui et demain a lieu dans ma ville, la foire aux livres organisée par Amnesty International.

C’est un événement que j’attends toujours avec impatience. Pour un amoureux des livres, quoi de mieux que d’arpenter les allées créées pour l’occasion au milieu de la salle des fêtes ? D’être entouré de livres, en tous genres, et de toutes époques ?

Si j’aime les livres neufs, j’adore les livres anciens, ceux qui ont voyagé, sont passés de mains en mains, de bibliothèques en bibliothèques… Tant de yeux les ont parcourus !

Et puis, c’est une belle action que de faire revivre ces livres ! Pensez à regarder autour de vous, comme le slow fashion, on peut aussi être adepte de la slow lecture !

Je fais ma sélection, mon sac se remplit à grande vitesse… Et je vous présenterai les livres qui vont rejoindre ma bibliothèque !

Dominique Sels, Festin de jeunesse, éditions de la Chambre au Loup.

« Tu ne te rends pas compte. Il y a une emprise. Quand Fergusse joue, j’ai la même impression que la première fois que je l’ai entendu, d’être arrivée au rendez-vous de ma vie, d’être là où je dois me tenir ; ça commence enfin, ça s’exprime : ça, qui était là depuis longtemps, et qui prend enfin une forme. »

« J’ai un Bruno portatif, ça me suffit ; quand on a passé beaucoup de temps avec quelqu’un, on le transporte à vie… Nous avons des fêmurs, des épaules, et nous sommes aussi faits du concert de nos conversations. Le phrasé de nos amis vit en nous. On peut dire ça aussi de quelqu’un avec qui on travaille. »

Tout d’abord je remercie Babelio et la maison d’éditions pour cet envoi théâtral. C’est un plaisir particulier pour moi de découvrir, de lire, une pièce de théâtre. J’aime en imaginer la mise en scène, la scénographie, et ainsi créer mon propre spectacle porté par les mots de l’auteur. Je reviens donc sur cette pièce, que j’aimerai maintenant voir au théâtre !

Maud et Maxime se retrouvent pour passer la nuit du Nouvel An. On apprend que Maud est tombée follement amoureuse de Fergusse, musicien célèbre et bien plus vieux qu’elle. Maxime, quant à lui, semble mener une histoire avec Bruno. Le lien entre Maud et Maxime ? Bruno est l’ex de Maud et l’a vraisemblablement quittée pour Maxime. Un quatuor amoureux à un(e) inconnu(e). Alors que Maud est guidée par cet amour qui semble à sens unique, Maxime tente de lui faire prendre conscience qu’elle s’enferme dans cet amour…

Une pièce à la fois légère et portant une véritable réflexion sur les sentiments amoureux. Deux personnages qui évoluent dans un espace restreint et qui pourtant, semblent vivre dans deux mondes bien distincts…

Le grand manuel du pâtissier, Marabout.

Pour ce nouveau rendez-vous culinaire du dimanche, je vous propose de vous présenter une autre recette issue d’un livre que je vous ai déjà présenté : la pâte sucrée sablée.

Je l’ai utilisée ici pour réaliser une tarte aux quetsches.

Une pâte simple à réaliser, à base de poudre d’amande et de sucre glace. Après un temps de repos au frais, j’ai fait mon fond de tarte, et disposé cette variété de prunes que j’affectionne particulièrement. Évidemment, comme vous le savez, je suis d’origine Alsacienne et je fais donc les tartes comme ma Maman me les a apprises, avec un flan qui vient napper les fruits.

Plus qu’à la déguster au goûter !

Spectacle : Les grands Amoureux

Samedi soir étaient de passage au théâtre, le quatuor Ludwig et Didier Sandre, sociétaire de la comédie française, pour un spectacle savoureux. Pour la musicienne et l’amoureuse des mots et des échanges épistolaires que je suis, nul doute, ce spectacle me plairait.

La dramaturgie du spectacle a été faite à partir d’une alternance de morceaux de musique de Haydn à Chostakvitch, en passant par Beethoven et Schumann, et des lettres d’amour écrites à travers les âges, par Flaubert, Hugo, Napoléon ou François Mitterand.

Si j’ai regretté que les lettres et les morceaux de musique ne soient pas davantage liés, j’ai apprécié écouter Didier Sandre faire résonner ces lettres d’amour, et me délecter de cette poésie propre à ces lettres si intimes… C’est l’évolution du style, dans la composition des lettres et des œuvres musicales que Didier Sandre a voulu mettre en avant.

Une invitation à (re)découvrir des œuvres, musicales et littéraires !

Coup de cœur pour cet Assai Agitato du quatuor n°3 opus 41 de Schumann et cette lettre de Flaubert… Laisse-moi t’aimer à ma guise, à la mode de mon être, avec ce que tu appelles mon originalité. Ne me force à rien, je ferai tout. Comprends-moi et ne m’accuse pas.

Le petit Larousse des saveurs des régions de France

En ce dimanche 2 octobre, journée très spéciale (qui vient d’ajouter un chiffre à mon compteur), je vous présente une recette qui me tient à cœur : le kouglof.

D’origine alsacienne, c’est un peu ma madeleine de Proust. J’avais très envie de du kouglof au petit déjeuner de mon anniversaire, alors quoi de mieux que de le faire soi même ?

Je vous ai déjà présenté ce livre. Toutes les recettes sont fiables et gardent l’esprit de la région qu’elles représentent.

Une bonne odeur de levure fraîche, les traditionnelles amandes en couronne, des raisins secs imbibés de kirsch… Et le plus important : le moule en terre cuite, donné par maman pour obtenir un kouglof dans les règles de l’art !

Spectacle : Modestes propositions pour remédier à la trop forte croissance de la population mondiale, Compagnie du Détour.

Comme je l’avais annoncé précédemment, et que les spectacles rythment mes semaines, je vais vous présenter les spectacles que je vais voir.

Hier soir, après la présentation de la nouvelle saison au théâtre, nous avons pu assister à ce spectacle, au titre qui évoque sans détour (comme la compagnie), le texte de Swift. Si d’autres auteurs comme Platon ou Darwin vont venir soutenir les arguments délivrés par notre démographe, le spectacle prend des airs de conférence où rien ne se passe comme prévu.

Le démographe, au costume impeccable des années 70, est accompagnée par son assistante, femme aux talents scientifiques incontestables, mais somme toute assez betasse dans son comportement comme dans ses réflexions.

Tout ceci sert le jeu burlesque des deux comédiens qui, à l’aide d’expérimentations (chariot de visualisation, casque d’automatisation ou encore le chariot démographique) nous livrent trois solutions pour lutter contre la trop forte population sur Terre. Oui, parce que, chiffres à l’appui, nous sommes trop nombreux.

Ainsi, le recyclage est au centre des propositions. Pourquoi ne pas manger les enfants ? Et si on recyclait les vieilles en carburant ? On pourrait aussi automatiser les pauvres…

On rit de bon cœur à ces situations d’apparence potaches mais où la réflexion nous entraîne sur un terrain politique et économique, et à une absurdité qui ne semble pourtant pas l’être tant que ça sur cette Terre qui ne tourne plus vraiment dans le bon sens !